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Les droits du Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui)

Dr `Abd al-`Âzîz b. Muhammad Âl `Abd a

Gloire à Allah. Et que Sa paix et Ses bénédictions soient sur le prophète Mohammed, sa famille et ses compagnons.

Entendre parler du prophète Mohammed (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) affermit la foi des croyants et renforce les vertueux dans le droit chemin. Comment pourrait-il en être autrement alors que le prophète Mohammed (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) est le plus noble des descendants d’Adam et le dernier des prophètes à avoir été envoyé à l’humanité? Il est plus proche des croyants qu’ils ne le sont d’eux-mêmes. Allah l’a doué des plus nobles qualités dont plusieurs n’ont été données à aucun autre prophète. Il sera le premier à traverser le Pont au Jour de la Résurrection. Il sera le premier à frapper aux portes du Paradis et le premier à y entrer. À lui reviendra la place d’honneur et les plus grandes marques de louanges. Il sera le premier à intercéder en faveur des autres et le premier à qui l’intercession sera accordée.

Dans les pages qui suivent, j’aimerais vous présenter quelques-uns des devoirs que nous avons envers le prophète Mohammed (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui). Il ne fait aucun doute qu’il a plusieurs droits sur nous. Nous devons nous assurer de respecter ces droits et de nous acquitter de nos devoirs envers lui.

Le Cheikh Mohammed b. ‘Abd al-Wahhab donne une description sommaire de ces droits lorsqu’il dit : « L’attestation que Mohammed est le Messager d’Allah signifie que nous devons obéir à ses commandements, croire tout ce qu’il nous dit, éviter tout ce qu’il nous a interdit, et adorer Allah que de la façon qu’il nous a enseignée. »

Les plus importants de ces droits sont les suivants :

  1. Son droit à être aimé
    L’un des droits les plus importants que le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) ait sur nous est que nous l’aimions. Cet amour doit faire partie de notre foi et doit s’exprimer par nos paroles et par nos actions. Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) devrait nous être plus cher que les membres de notre famille et notre propre personne.

    Allah dit : « Dis : « Si vos pères, vos enfants, vos frères, vos épouses, vos clans, les biens que vous gagnez, le négoce dont vous craignez le déclin et les demeures qui vous sont agréables vous sont plus chers qu’Allah, Son messager et la lutte dans le sentier d’Allah, alors attendez qu’Allah fasse venir Son ordre [l’accomplissement de Sa menace]. Et Allah ne guide pas les gens pervers. ». (Sourah at-Tawbah (9) : 24)

    Al-Qadi ‘Iyad commente ce verset de la façon suivante :

    Ce verset constitue une preuve suffisante qu’aimer le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) est obligatoire. Il s’agit d’une affaire sérieuse, surtout qu’Allah blâme ceux qui aiment leurs richesses et leur famille plus qu’Allah et Son Messager et qu’Il les menace en disant « alors attendez qu’Allah fasse venir Son ordre [l’accomplissement de Sa menace] ». Et Il déclare ensuite que ce sont des pervers et qu’ils ne seront pas guidés.

    Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Par Celui dans la main duquel se trouve mon âme, nul d’entre vous n’aura la foi tant que je ne serai pas plus cher, à ses yeux, que ses propres parents, ses enfants, et que toute l’humanité. »

    Il a également dit : « Celui qui possède les trois qualités suivantes a goûté à la douceur de la foi : la première de ces qualités est qu’Allah et Son Messager lui sont plus chers que tout le reste. »

    Les Compagnons nous ont donné le meilleur exemple de la façon dont cet amour devrait s’exprimer. Un jour, ‘Omar b. al-Khattab dit à al-‘Abbas, l’oncle du Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) : « Que tu acceptes l’islam m’importe infiniment plus que si mon propre père, al-Khattab, l’acceptait, car ton acceptation de l’islam est celle qui est la plus chère au Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui). »

    Lorsqu’on demanda à ‘Ali b. Abi Talib de décrire l’amour que lui et ses compagnons ressentaient pour le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui), il dit : « Le Messager d’Allah nous était plus cher que nos biens, nos enfants, nos pères et nos mères. Il nous était plus cher que ne l’est l’eau fraîche à un homme mourant de soif. »

    Le Compagnon ‘Amr b. al-‘As a dit : « Il n’y avait personne de plus cher à mes yeux que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui). Personne, à mes yeux, n’était plus noble que lui. J’étais incapable de le regarder directement à cause du grand respect que j’éprouvais pour lui. Si on m’avait demandé de le décrire physiquement, j’en aurais été incapable car je n’avais jamais osé le regarder directement. »

    Il y a certains signes qui démontrent à quel point une personne aime le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui). Un de ces signes est qu’elle le mentionne fréquemment dans son discours, car les gens ont tendance à mentionner souvent une personne qu’ils aiment. Un autre signe est que cette personne aimerait beaucoup pouvoir le rencontrer.

    Un autre signe qu’une personne aime le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) est qu’elle aime ceux qui l’ont aimé – à savoir ses Compagnons – et qu’elle nourrit de l’inimitié et de la haine envers ses ennemis et envers ceux qui le détestent et le calomnient. Il est naturel, lorsqu’une personne aime quelque chose ou quelqu’un, qu’elle aime ceux qui partagent son sentiment. Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit, au sujet de ses petits-fils al-Hasan et al-Housayn : « Ô Allah! Je les aime, alors je t’en prie, aime-les! »

    Il s’ensuit donc que nous devons aimer le Coran, qui a été révélé au Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui), ainsi que le message qu’il contient. Nous devons appliquer les enseignements du Coran dans notre comportement quotidien. ‘Aisha a dit, au sujet de son mari, le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) : « Il était la personnification des vertus que l’on retrouve dans le Coran. » Notre amour pour le Coran doit s’exprimer par le fait de le lire souvent, de chercher à le comprendre et d’appliquer ses enseignements.
     
  2. Son droit à être pris pour exemple à suivre
    Il est de notre devoir de suivre son exemple et d’imiter son bon comportement. Il s’agit là d’un autre signe de notre amour pour lui. Al-Qadi ‘Iyad a dit :

    Sachez que quiconque aime quelque chose la préférera et choisira d’être en harmonie avec elle. S’il en est autrement, c’est que son amour est feint et non sincère. Quiconque aime réellement le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) montrera nécessairement des signes manifestes de cet amour. Le premier des signes qu’il montrera est qu’il imitera le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) et suivra sa sounnah. Il l’imitera dans ses paroles et dans ses actions. Il montrera les mêmes manières que le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) et ce, tant aux moments de bien-être qu’aux moments difficiles, et tant dans les situations qu’il aime que dans les situations qui lui déplaisent. La preuve de cela est qu’Allah dit : « Dis : « Si vous aimez vraiment Allah, suivez-moi; Allah vous aimera alors. » (Sourah al-‘Imran (3) :31)


    Ce que dit Ibn Rajab à cet égard :
    L’émulation accompagne toujours l’amour sincère. Il nécessite d’aimer ce que la personne aimée aime et de détester ce que la personne aimée déteste. Donc quiconque nourrit un amour sincère, dans son cœur, pour Allah et Son Messager doit nécessairement aimer ce qu’Allah et Son Messager aiment et détester ce qu’ils détestent. Il doit être satisfait de ce qui satisfait Allah et Son Messager et être mécontent de ce qui provoque leur colère. Il doit ensuite mettre ces sentiments d’amour et de haine en pratique.

    Une des façons de suivre le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) est de tenir sa sounnah en haute estime et de lui accorder sa préférence plutôt qu’à toutes les autres opinions et aspirations. Lorsque des gens, après avoir entendu l’avis du Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) sur un certain sujet, mentionnèrent les opinions d’autres personnes sur le même sujet, Ibn ‘Abbas leur dit :

    « Je crains que des pierres, descendues du ciel, tombent sur vous. Je viens de vous dire ce que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit, et vous me répondez en me donnant les avis d’Abou Bakr et d’Omar! »

    Ce que Ahmad b. Hanbal dit à propos de ces gens :
    Je suis stupéfait par la réaction de ces gens qui, après avoir eu connaissance d’une déclaration authentique du Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) lui préfèrent l’opinion de Soufyan et ce, en dépit du fait qu’Allah dit : « Que ceux, donc, qui s’opposent à son commandement prennent garde qu’une épreuve ne les atteigne ou que ne les atteigne un châtiment douloureux. » (24 :63) Ont-ils une idée de ce qu’est cette « épreuve »? Cette épreuve est le polythéisme. Car il est possible que, si quelqu’un rejette le commandement du Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui), son cœur dévie de la vérité et qu’il soit détruit.

    Il est essentiel d’adhérer fermement à la sounnah et d’éviter d’apporter des innovations dans la religion d’Allah. Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Quiconque apporte, dans cette affaire qui est la nôtre (i.e. l’islam) une pratique qui n’en fait pas partie verra cette pratique rejetée. »

    Le commentaire de Ibn Rajab sur ce hadith :

    Ce hadith affirme de manière non équivoque que chaque action qui n’est pas explicitement sanctionnée par le Légiférateur est rejetée. Il suggère également que chaque action qui est conforme à Sa Loi n’est pas rejetée. L’ « affaire » dont il est question, dans le hadith, est la religion d’Allah. Donc l’explication du hadith est la suivante : quiconque fait un acte qui se situe en dehors des limites établies par la Loi islamique et qui n’est pas strictement conforme à cette Loi verra cet acte rejeté.
     
  3. Son droit à être soutenu et honoré
    Selon Ibn Taymiyah, soutenir le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) signifie lui venir en aide et le défendre. L’honorer signifie que nous le défendons avec conviction et que nous nous comportons avec révérence à son égard, jamais de façon déshonorante.

    Ibn Taymiyah dit également:
    Jeter le discrédit sur la personne du Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) équivaut à renier complètement la religion d’Allah. Un tel acte contrevient à toute forme de respect et de vénération. Par le fait même, le message qu’il nous a transmis est également compromis et la religion, reniée. Louer, révérer et honorer le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) affermit la foi de la même façon que le discréditer la détruit. Il est donc de notre devoir de défendre le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) contre ceux qui le discréditent.

    Allah a clairement mis en garde ceux qui détestent et insultent le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) contre les conséquences de tels sentiments et de telles actions. Il dit : « Celui qui te hait sera, certes, sans postérité. » (Sourah al-Kawthar (108) :3)

    Ce que dit Ibn Taymiyah au sujet de ce verset du Coran :

    Celui qui insulte le Messager (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui), Allah le prive de toutes les bonnes choses. Il le prive également de sa bonne réputation et lui fait perdre ses biens et rompre les liens avec sa famille. Dans l’au-delà, il sera parmi les perdants et il ne retirera de sa vie d’ici-bas rien qui puisse l’aider dans sa demeure éternelle. Son cœur ne sera jamais inspiré par le bien. Il ne pourra contenir aucune bonté, ne saura la reconnaître ni tendre vers elle. Il sera incapable de croire aux messagers qui apportent la bonne parole. Ses œuvres seront dépourvues de toute obéissance à Allah. Il ne trouvera nul secoureur prêt à l’aider. Il trouvera difficile d’accomplir de bonnes actions et ne trouvera aucun plaisir à les accomplir. Même si, extérieurement, il prend part à de telles actions, son cœur n’y sera jamais.

    Abou Bakr b. ‘Ayyash dit :

    Lorsque ceux qui suivent la Sounnah meurent, leur mémoire reste. Mais quand ceux qui suivent les innovations meurent, leur mémoire meurt avec eux. Cela parce que ceux qui suivent la Sounnah avaient préservé le message transmis par le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui). Ils font donc partie de la promesse d’Allah: « Et Nous avons exalté, pour toi, ta renommée. » (Sourah al-Inshirah (94) :4)

    Ceux qui suivent les innovations insultent le message du Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) et font partie de la menace d’Allah: « Celui qui te hait sera, certes, sans postérité. » (Sourah al-Kawthar (108) :3)

    Bien des gens ont été punis par Allah à cause de leur haine envers le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) et pour les mensonges, les calomnies et les remarques sarcastiques qu’ils ont faits à son sujet.

    Le Compagnon Anas b. Malik relate ce qui suit :

    Après avoir lu les chapitres du Coran intitulés « al-Baqarah » et « al-‘Imran », un chrétien s’était converti à l’islam et était devenu scribe au service du Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui). Par la suite, il retourna à la chrétienté et commença à dire aux gens : « Mohammed ne savait rien à part ce que je lui disais moi-même ». Allah le fit mourir et son peuple l’enterra. Le matin suivant, ils virent que la terre l’avait rejeté (à la surface). Ils dirent : « C’est sûrement un mauvais tour de Mohammed et de ses compagnons. » Alors ils creusèrent aussi profondément qu’ils purent et l’enterrèrent de nouveau. Le lendemain matin, ils virent que la terre l’avait de nouveau rejeté et comprirent qu’il n’y avait personne d’impliqué dans cette affaire. Alors ils abandonnèrent son corps sur le sol.


    Ibn Taymiyah mentionne ce qui suit :

    Plusieurs musulmans dignes de confiance et ayant une bonne connaissance de l’islam ont relaté les expériences qu’ils ont vécues alors qu’ils assiégeaient des villes et des fortifications le long de la côte syrienne. Lorsqu’ils assiégèrent un endroit connu aujourd’hui sous le nom de Banou al-Asfar, ils racontèrent: « Il nous arrivait d’assiéger un fort ou une ville pendant plus d’un mois, mais sans résultat. Nous étions, dans ces moments-là, bien près du désespoir. Alors, quand des habitants de l’endroit se mettaient à calomnier le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) et à le discréditer, nous savions que la victoire était proche. La situation devenait tout à coup beaucoup plus facile pour nous et nous savions que ce n’était qu’une question de quelques jours avant que nous arrivions à les assujettir au milieu d’une grande effusion de sang. » Ils ajoutèrent : « Nous étions heureux de savoir la victoire très proche au moment où nous les entendions dire du mal de lui, bien qu’au fond de nous-mêmes, nous fussions fâchés d’entendre de telles paroles. »


    Sur le même sujet, an-Nawawi rapporte également un incident :

    Nous avons plusieurs comptes rendus, authentifiés par les autorités judiciaires, au sujet d’un homme, en l’an 66 de l’Hégire, qui avait une mauvaise opinion des gens vertueux. Il alla même jusqu’à prendre un bâton servant à se curer les dents (miswak) et à se l’enfoncer dans l’anus pour démontrer son mépris à l’égard de cette sounnah et de la sounnah en général. Quelque temps après, une sorte d’organisme ressemblant à un poisson sortit de son anus et l’homme le tua. Peu de temps après, il mourut à son tour. Qu’Allah nous protège de ce genre de châtiment et fasse en sorte que nous réussissions à préserver la pureté de la Sounnah et à la respecter de la meilleure façon qui soit.


    De nos jours, nous avons l’incident suivant mentionné par le cheikh Ahmad al-Shakir concernant un prêcheur en Égypte :

    Il était un orateur de grand talent et très éloquent. Il voulut un jour faire l’éloge d’un des gouverneurs d’Égypte pour avoir honoré Taha Hussein (un écrivain égyptien de grand renom qui était aveugle et qui était assez déviant, du point de vue religieux), alors il dit : « L’aveugle est venu à lui, mais il ne s’est pas renfrogné ni détourné de lui. ». Le cheikh Mohammed Shakir se leva après la prière et déclara à ceux qui étaient présents que leur prière n’était pas valide et qu’elle devait être faite de nouveau car ils avaient été menés, dans leur prière, par un homme qui, en insultant le Messager d’Allah, était devenu mécréant.

    Toutefois, Allah n’a pas reporté le châtiment de cet homme à l’au-delà et laissé son crime impuni en ce monde. Je l’ai vu de mes propres yeux, quelques années plus tard. Je me rappelais l’avoir vu, auparavant, très autoritaire, fier et plein de suffisance en compagnie de gens puissants et très en vue. Mais l’homme que je voyais, maintenant, était un misérable, un serviteur à la porte d’une mosquée du Caire qui retirait leurs chaussures aux fidèles qui lui en confiaient la garde. Il était si pitoyable et humilié que je me sentis embarrassé qu’il me vit, puisque nous nous étions connus auparavant. Je ne me sentis pas désolé pour lui; il ne méritait pas ma pitié. Mais je n’étais pas non plus content de sa situation lamentable, car une personne respectable ne ressent jamais de joie à la vue des malheurs des autres. Cependant, je considérai cela comme un exemple duquel il y avait des leçons à tirer.

    J’aimerais conclure cet article en soulignant que nous pouvons faire croître notre amour pour le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) et sa Sounnah en faisant un examen de conscience et en reconnaissant nos défauts et nos fautes. Lorsque nous admettons nos fautes, il est ensuite possible de trouver, dans ce que le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) nous a apporté, un moyen d’y remédier. Par exemple, si l’un d’entre nous a une attitude relâchée par rapport aux actes d’adoration surérogatoires, il serait dans son intérêt de réfléchir au fait que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) se tenait debout en prière pendant de si longues périodes que ses pieds enflaient. Il adorait Allah avec autant d’ardeur en dépit du fait que tous ses péchés, passés et futurs, lui étaient déjà pardonnés.

    Une personne qui aurait pour défaut la lâcheté devrait se rappeler que le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) était le plus courageux de tous. ‘Ali a dit : « Lorsque le courage nous manquait, nous allions chercher notre détermination auprès du Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui). »

    Si une personne devient trop attachée aux richesses de ce monde, elle devrait se rappeler que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) avait un mode de vie très ascétique. ‘Aisha rapporte ce qui suit : « Jusqu’à sa mort, le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) n’a jamais rassasié sa faim trois jours d’affilée, même avec du pain.»

    Si une personne a tendance à se mal conduire envers les autres, elle devrait se rappeler les paroles de Anas, qui a dit : « J’ai été au service du Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) pendant dix ans et il ne m’a jamais dit un seul mot dur. Peu importe ce que j’avais fait, jamais il ne m’a dit: « Pourquoi as-tu fait cela? » De même, peu importe ce que j’avais négligé de faire, il ne m’a jamais dit: « Pourquoi ne l’as-tu pas fait? »

    Allah dit : « C’est par la miséricorde d’Allah que tu (Mohammed) es si doux envers eux. Mais si tu étais rude, au cœur dur, ils se seraient enfuis de ton entourage. » (Sourah al-‘Imran (3) :159)

    Si une personne devient trop égocentrique et ne s’intéresse qu’à elle-même et à son bien-être, elle devrait se rappeler que le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Nul d’entre vous n’aura la foi tant qu’il ne souhaitera pas pour son frère ce qu’il aime pour lui-même. » Jarir relate un incident nous démontrant à quel point le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) était loyal, clément et compatissant envers les croyants. Il dit : « Nous étions en compagnie du Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) aux petites heures du matin lorsqu’un groupe de gens vint le voir. Ces gens étaient pieds nus et indigents, et ils portaient leur épée sur eux. Ils venaient tous de Moudar. L’expression du Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) changea immédiatement lorsqu’il constata l’étendue de leur pauvreté. Il rentra chez lui et en ressortit, puis ordonna à Bilal de faire l’appel à la prière. Il se leva alors et mena la prière. Il s’adressa ensuite à nous, récitant le verset suivant : « Ô hommes! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d’un seul être, et a créé de celui-ci son épouse et qui, de ces deux-là, a fait répandre, sur la terre, beaucoup d’hommes et de femmes. Craignez Allah au nom duquel vous vous implorez les uns les autres, et craignez de rompre les liens du sang. Certes Allah vous observe parfaitement. » (Sourah an-Nisa’ (4) :1) Et il poursuivit en récitant : « Ô vous qui croyez! Craignez Allah. Que chaque âme voit bien ce qu’elle a avancé pour demain. » (Sourah al-Hashr (59) :18)

    Les gens se mirent alors à rivaliser de générosité. Certains donnèrent des pièces d’or et d’argent, d’autres donnèrent quelques-uns de leurs vêtements et d’autres encore des portions de grains ou de dattes. Alors le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) dit : « Donnez!… ne serait-ce que la moitié d’une datte. »

    Alors un homme de la tribu des Ansar vint avec une bourse tellement remplie qu’il pouvait à peine la soulever. Puis d’autres vinrent et donnèrent jusqu’à ce que devant nous apparaissent deux énormes tas, l’un composé de nourriture et l’autre, de vêtements. Je vis alors le visage du Messager (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) rayonner comme de l’or.

    C’est alors que le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) dit : « Celui qui instaure une bonne chose en islam recevra sa récompense et celle de ceux qui ont suivi son exemple, sans que la récompense de ces derniers ne s’en trouve diminuée. »

    Je demande à Allah de nous accorder la bénédiction de suivre à la perfection l’exemple de notre Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) et de nous réunir en sa compagnie au Jour de la Résurrection. Et Allah est celui qui apporte le succès.

Notes :

  1. Al-Qâdî `Iyâd: al-Shafâ (2/563).
  2. Sahîh al-Boukhârî et Sahîh Mouslim.
  3. Sahîh al-Boukhârî et Sahîh Mouslim.
  4. Ibn Rajab, Jâmi` al-`Ouloûm wa al-Hikam (2/397).
  5. Sahîh al-Boukhârî et Sahîh Mouslim.
  6. Ibn Rajab, Jâmi` al-`Ouloûm wa al-Hikam. (1/177).
  7. Ibn Taymiyah, al-Sârim. p. 422.
  8. Ibn Taymiyah, al-Sârim. P.211.
  9. Sahîh al-Boukhârî.
  10. Ibn Taymiyah, al-Sârim. p. 117.
  11. Al-Nawawî, Boustân al-`Ârifîn. p. 51.
  12. Il paraphrasait le verset coranique suivant, dans lequel Allah réprimande le Prophète (paix et bénédictionsd’Allah soient sur lui) pour s’être détourné d’un aveugle qui cherchait à lui parler : « Il s’est renfrogné et il s’est détourné lorsque l’aveugle est venu à lui. » (Sourah ‘Abasa (80) :1-2). La déclaration du prêcheur laissait entendre que le gouverneur était plus honorable que le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui).
  13. Cheikh Muhammad Shâkir était le père de l’auteur.
  14. Shâkir, Ahmad. Kalimah al-Haqq, pp. 176-177.
  15. Sahîh Mouslim.
  16. Sahîh Mouslim.
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