La bataille d’Ouhoud

Abul hasan ‘Ali Nadwi

LA VENGEANCE: UNE OBLIGATION

La nouvelle du désastre de Badr, où plusieurs notables de Qouraish avaient péri, ainsi que le retour des survivants, à la Mecque, dans la confusion la plus totale, jeta les gens de Qouraish dans une profonde consternation. Ce qui venait de se produire leur apparaissait comme une catastrophe inimaginable.  Tous ceux dont les pères, fils ou frères avaient été tués à Badr allèrent à la rencontre d’Abou Soufyan et de sa caravane, qu’on avait finalement ramenée à la Mecque.  Il fut décidé qu’ils mettraient de côté les profits de la caravane et qu’ils utiliseraient ces sommes pour se préparer à un nouvel affrontement contre les musulmans.  Fidèles à leur habitude, les poètes se mirent à attiser la haine des gens à l’aide de chansons appelant à la vengeance.  Pour les païens arabes, le meurtre des membres de leur tribu nécessitait que ces derniers soient vengés afin de défendre leur honneur.

C’est donc une armée lourdement équipée qui sortit de la Mecque dans le but d’aller combattre le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) et ses compagnons au milieu du mois de Shawwal de la troisième année de l’hégire.  Qouraish avait réuni une armée de trois milles soldats composée de leurs propres hommes et d’hommes de tribus voisines ayant accepté de se joindre à eux.  Certaines des femmes de ces derniers, montant leurs chameaux personnels, les accompagnèrent afin de les encourager et de les empêcher de s’enfuir ou de battre en retraite.1 Les nobles de Qouraish étaient également accompagnés de leurs femmes. 

L’armée avança petit à petit, par étapes, et vint camper aux abords de Médine. Le plan du Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) était de rester à l’intérieur de Médine et de ne se battre avec les envahisseurs que lorsqu’ils se décideraient à franchir les portes de la ville.  Il ne croyait pas avisé de sortir pour aller se battre à l’extérieur.  Abdallah bin Oubayy était d’accord avec lui, mais certains musulmans, qui avaient raté l’occasion d’affronter l’ennemi à Badr, montraient des signes d’impatience. Ils dirent: “Ô Prophète d’Allah!  Laisse-nous sortir et châtier nos ennemis.  Car si nous ne le faisons pas, ils croiront que nous avons peur de quitter la ville et de les affronter. »  Et tandis qu’ils continuaient d’insister, le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) entra chez lui et mit son armure.  Alors les jeunes hommes qui, un instant auparavant, étaient si enthousiastes à l’idée d’aller à la rencontre de l’ennemi à l’extérieur de la ville, se mirent à se reprocher à eux-mêmes leur trop grande hâte.  Réalisant qu’ils étaient allés trop loin, ils prièrent le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) de revenir à sa première décision car tout compte fait, ils avaient peut-être eu tort de trop insister et d’aller à l’encontre de ses souhaits.  Ils dirent : « Si tu souhaites rester dans la ville, nous ne nous y opposerons pas. »  Mais le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) répondit : « Il ne sied pas à un prophète, du moment où il a enfilé son armure, de la retirer avant même de s’être battu. »1

Puis il sortit, suivit d’une armée de mille hommes.  Il n’avait parcouru que peu de distance lorsque Abdallah bin Oubayy se retira avec plus du tiers de l’armée.  Abdallah dit à ses camarades : « Il n’a pas tenu compte de mon conseil, mais a accepté le leur. »2

LE PROPHÈTE PREND POSITION

Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) pénétra dans la gorge du mont Ouhoud, situé à environ trois kilomètres au nord de Médine, et prit position de façon à ce que la montagne soit située derrière lui.[1]  Puis il ordonna à ses hommes : « Qu’aucun d’entre vous n’entame le combat avant que je ne l’aie autorisé. »

Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) aligna alors ses troupes pour la bataille ; elles n’étaient plus constituées que de 700 hommes. Sur la montagne voisine, il posta cinquante archers sous la supervision de Abdallah bin Joubayr et leur ordonna de tenir la cavalerie ennemie à distance car, leur dit-il, on ne devait en aucun cas leur permettre d’approcher les musulmans par derrière, que ceux-ci aient réussi à prendre le dessus sur leurs adversaires ou pas.[2] « N’abandonnez pas vos positions ! », leur ordonna-t-il rigoureusement, « et ce, même si des oiseaux viennent saisir ces hommes. »[3]

L’ENTHOUSIASME DES PLUS JEUNES

Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) avait renvoyés chez eux deux jeunes hommes, Samoura bin Joundoub et Rafi’ bin Khadij, car ils n’étaient âgés que de quinze ans.  Mais Rafi’ fut plus tard autorisé, par le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) à rejoindre la troupe sur la recommandation de son père qui le disait très bon archer.  Alors Samoura plaida sa cause et dit au Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) que Rafi’ avait été autorisé à rejoindre l’armée mais que lui, Samoura, était bien plus fort.  Et pour démontrer qu’il disait vrai, il fit une courte lutte avec Rafi’ et le battit ; il fut donc autorisé à participer à la bataille.[4]

LE DÉBUT DE LA BATAILLE

L’affrontement débuta et chaque troupe se rua immédiatement sur l’autre tandis qu’un groupe de femmes, dirigé par la sanguinaire Hind, jouait du tambourin en chantant afin d’inciter les troupes de Qouraish à des actes de bravoure.  Une bataille générale s’ensuivit et les combats devinrent furieux, acharnés.  Abou Doujana se battit avec l’épée du Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui), tuant tous ceux qui venaient à sa rencontre, s’avançant toujours plus avant dans les rangs ennemis.[5]

HAMZA ET MOUS’AB BIN ‘OUMAYR SONT TUÉS

Hamza se battit vaillamment et tua plusieurs leaders de Qouraish.  Nul n’arrivait à soutenir ses attaques impétueuses.  Mais Wahshi, l’esclave de Joubayr bin Mou’tim, surveillait Hamza de près, car son maître lui avait promis la liberté s’il parvenait à le tuer.  L’oncle de Joubayr, Tou’ayma, avait été tué par Hamza au cours de la bataille de Badr, et Hind avait également pressé Joubayr de faire tuer Hamza par Wahshi.  Ce dernier trouva enfin l’occasion qu’il attendait : il visa Hamza tandis que celui-ci était engagé dans un combat avec un autre soldat.  Expert en javelot, il lança son arme en direction de Hamza et l’atteignit du premier coup.  Hamza chancela, s’écroula et rendit l’âme aussitôt.1

Pendant ce temps, Mous’ab bin ‘Oumayr s’était porté à la défense du Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui), démontrant, au plus fort des combats, un courage singulier et réussissant à tenir les infidèles en échec.  Mais, totalement épuisé, il finit par tomber entre leurs mains alors qu’il s’acquittait noblement de son devoir envers Allah et Son Messager.2

VICTOIRE DES MUSULMANS

Allah tint la promesse qu’Il avait faite aux musulmans.  L’histoire de Badr se répéta à nouveau ; plusieurs nobles de Qouraish tombèrent les uns après les autres et leurs troupes prirent la fuite.  Les musulmans virent Hind et ses compagnes cesser de chanter et s’enfuir en remontant leurs vêtements.3

LA SITUATION SE RETOURNE CONTRE LES MUSULMANS

Qouraish venait de subir une cuisante défaite. L’humiliante débâcle de leurs troupes et la fuite de leurs femmes suffirent à convaincre les archers musulmans qu’ils venaient de remporter la victoire.  Poussant des cris d’allégresse, ils désertèrent leurs postes pour aller piller le camp ennemi.  ‘Abdallah bin Joubayr, le leader des archers, rappela à ses hommes l’ordre que leur avait donné le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) avant le début de la bataille, mais nul ne voulut l’écouter, sauf un petit nombre d’entre eux.  Ils étaient si convaincus de leur victoire qu’un retour de l’ennemi, qui venait de fuir à toutes jambes, leur paraissait absolument inconcevable. C’est alors que l’inimaginable se produisit. N’étant plus menacée par des rafales de flèches potentielles, la cavalerie mecquoise se fraya un chemin jusqu’à l’arrière de l’armée musulmane, qui n’était plus protégé. 1

Les porteurs d’étendard de Qouraish avaient été tués; leur étendard gisait dans la poussière et nul n’osait s’en approcher.  Alors de façon tout à fait inattendue, les guerriers de Qouraish surprirent les musulmans par derrière et quelqu’un cria : « Haaa !  Mohammed a été tué ! »  Les troupes musulmanes, qui pourchassaient les fugitifs, se retournèrent pour faire face à l’ennemi qui venait par derrière.  Les soldats qouraishites, qui tout à l’heure avaient fui, étaient maintenant enhardis et résolus à poursuivre la bataille contre les musulmans.  La situation devint dès lors très critique pour les musulmans ; l’ennemi était bien décidé à tirer profit au maximum de cette occasion rêvée qui se présentait à lui.

La surprise et la confusion qui s’emparèrent des musulmans furent aussi soudaines que les attaques des Mecquois furent violentes.  Les troupes qouraishites, menées par ‘Abdallah bin Qoumiyah et ‘Outbah bin Abi Waqqas, attaquèrent audacieusement et s’approchèrent rapidement du Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui).  Les troupes musulmanes commencèrent à abandonner la partie.  Plusieurs musulmans eurent l’honneur de mourir en martyrs.  Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) fut blessé par une pierre et tomba sur le côté ; la pierre avait cassé une de ses incisives, tandis qu’une partie de son visage et une de ses lèvres avaient été entaillées.  Il essuya le sang qui coulait sur son visage et dit : « Comment un peuple, qui a fait couler le sang sur le visage de son prophète, alors qu’il ne faisait que les appeler à adorer leur Seigneur, peut-il prospérer ? »[6]

La majorité des soldats musulmans s’étaient maintenant dispersés et personne ne savait où se trouvait le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui). ‘Ali prit la main de ce dernier, tandis que Talha bin Oubaydoullah le soulevait et le remettait sur pieds.  Malik bin Sinan fut si transporté par ce spectacle qu’il alla jusqu’à lécher le sang coulant sur le visage du Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui).

Les musulmans se trouvaient désormais dans une position ambiguë : ils n’avaient pas tout à fait fui et n’avaient pas été complètement défaits.  Les flancs de leur armée étant à découvert, ils furent forcés de battre en retraite afin de rassembler leurs forces pour faire face à cette nouvelle situation.  C’était, sans aucun doute, un jour de grande épreuve pour les musulmans, jour au cours duquel ils perdirent plusieurs de leurs vaillants guerriers et honorables compagnons du Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui).  Et tout cela s’était produit par la faute des archers qui, imprudents, avaient mis à découvert les flancs de l’armée musulmane.  Ils avaient désobéi au Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) en abandonnant leurs postes qu’il leur avait été ordonné de ne point quitter.

Suite à cet événement, Allah leur révéla le verset suivant:

“Et certes, Allah a tenu Sa promesse envers vous, quand par Sa permission vous les tuiez sans relâche, jusqu’au moment où vous avez fléchi, où vous vous êtes disputés à propos de l’ordre donné et vous avez désobéi après qu’Il vous eut montré la victoire que vous attendiez !  Il en était parmi vous qui désiraient la vie d’ici bas et il en était qui désiraient l’au-delà.  Puis Il vous a fait reculer devant eux, afin de vous éprouver.  Et certes, Il vous a pardonné.  Et Allah est Détenteur de la grâce envers les croyants. » (Coran, 3:152)

LES DÉVOUÉS COMPAGNONS

La bataille d’Ouhoud fut également l’occasion, pour les compagnons, de démontrer leur louable caractère et leur grande affection pour le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui).  Deux anneaux de la chaîne métallique servant de courroie au casque du Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) s’étaient enfoncés dans sa joue.  Abou ‘Oubayda bin al-Jarrah retira l’un des anneaux avec ses dents, ce qui lui fit perdre une de ses incisives.  Puis il retira le deuxième anneau et perdit une autre incisive. 

Au cours de la bataille, Abou Doujane resta penché au-dessus du Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) pour le protéger des flèches jusqu’à ce que plusieurs d’entre elles viennent se loger dans son dos. 

S’ad bin Abi Waqqas se tint près du Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui), tirant des flèches pour le défendre, cependant que le Prophète lui passait les flèches une à une en lui disant : « Tire !  Puissent mon père et ma mère être donnés en échange contre toi. » 1

Qataba bin al-Nou’man reçut au visage un coup qui fit sortir l’un de ses yeux de son orbite.  Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) le remit en place avec sa propre main et son œil fut si bien guéri qu’il devint éventuellement plus fort que l’autre.2

Les infidèles, assoiffés de sang, déferlèrent en direction du  Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) ; ils étaient prêts à mourir cent fois pour parvenir à le tuer, mais Allah en avait décidé autrement. Dix de ses compagnons sacrifièrent leur vie, l’un après l’autre, pour le défendre. Talha bin ‘Oubaydoullah protégea le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) des tirs de flèches ennemis avec ses propres mains, jusqu’à ce que ses doigts saignent si abondamment que ses mains en devinrent paralysées.  Puis le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) voulut grimper tout en haut de la montagne.  Mais sa tentative échoua car il était trop affaibli par ses blessures. Talha bin ‘Oubaydoullah s’accroupit sous lui et, le prenant sur ses épaules, l’aida à grimper.  Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) fit la prière du midi sur la montagne, assis, ses blessures l’empêchant de prier debout.[7]

Les musulmans, pris par surprise, avaient été dispersés par l’ennemi.  Puis ils furent poussés d’un côté par des cavaliers, ces derniers tentant de les coincer entre eux et les fantassins.  Anas bin an-Nadr continua à se battre courageusement, s’avançant bien avant dans les rangs.  S’ad bin Mou’ad passa alors près de lui et lui demanda : « Où crois-tu aller comme ça ? »  Anas bin an-Nadr lui répondit alors: « S’ad, je sens le parfum du Paradis près de la colline d’Ouhoud. »[8]

Anas bin an-Nadr passa près de quelques Ansars et Mouhajirines qui étaient assis, l’air sombre.  Il leur demanda : « Pourquoi restez-vous assis ? »  « Le Prophète d’Allah est mort au combat », répondirent-ils.  « Alors quelle est l’utilité de vivre après lui ? », dit Anas bin an-Nadr, “Venez, allons mourir pour ce pour quoi le Prophète a donné sa vie ! »  Ayant dit cela, il s’avança et s’acharna sur l’ennemi jusqu’à ce qu’il meure en martyr.  Plus tard, son neveu Anas bin Malik releva sur son corps soixante-dix blessures.  Il était si mutilé qu’il fut difficile de le reconnaître, mais sa sœur l’identifia grâce à une marque particulière qu’il avait sur le bout d’un de ses doigts.1

De leur côté, Ziyad bin as-Sakan et cinq autres Ansars déployèrent toutes leurs forces à maintenir l’ennemi à distance du Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui).  Les compagnons de Ziyad moururent tous l’un après l’autre et Ziyad fut mis hors de combat, souffrant de nombreuses blessures.  Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) demanda à ce qu’on amène Ziyad près de lui et lui offrit son pied en support pour y reposer sa tête.  Ziyad mourut dans cette position, la joue contre le pied du Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui).2

‘Amr bin al-Jamouh boitait d’une jambe.  Il avait quatre fils, tous quatre jeunes et vigoureux, qui étaient fort impatients de prendre part à la bataille.  Le jour d’Ouhoud, ‘Amr bin al-Jamouh exprima le désir de se rendre sur le champ de bataille, mais ses fils lui conseillèrent de rester à la maison, lui faisant comprendre qu’aux yeux d’Allah, il avait une bonne excuse.  Il alla donc rencontrer le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) et lui dit que ses fils voulaient l’empêcher de prendre part au jihad.3  Il ajouta : « Et pourtant, par Allah, je désire être tué afin de pouvoir me promener tranquillement au Paradis. »  Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) répondit : « Allah n’a pas rendu le jihad obligatoire pour toi. », et à ses fils, il dit : « Quel mal y a-t-il à ce qu’il vous accompagne ? ».  Alors ‘Amr bin al-Jamouh suivit l’armée et fut tué sur le champ de bataille.[9]

Zayd bin Thabit a raconté que le jour de la bataille d’Ouhoud, le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) lui a dit  d’aller trouver S’ad bin ar-Rab’i et de lui demander, après lui avoir transmis ses salutations, comment il se sentait.  Zayd partit donc à la recherche de S’ad et le trouva étendu par terre parmi les morts, sur le point de succomber à ses blessures.  Épées, flèches et javelots l’avaient atteint près de soixante-dix fois.  Zayd lui transmit le message du Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui), auquel S’ad répondit : « Transmets-lui mes salutations et dis-lui qu’en ce moment, je sens le parfum du Paradis. »  « Et dis aux gens de mon peuple », poursuivit S’ad, « qu’ils n’auront aucune excuse devant Allah si l’ennemi met la main sur le Prophète alors qu’eux-mêmes sont toujours vivants. »  S’ad avait à peine terminé de prononcer ces paroles qu’il rendit l’âme.[10]

Avant de se mettre en route pour le champ de bataille, ‘Abdallah bin Jahsh avait imploré Allah: “Pour Toi, ô Allah, demain je combattrai l’ennemi.  Peut-être me tueront-ils, m’éventreront-ils et couperont-ils mon nez et mes oreilles.  Et alors Tu me demanderas : « Et qu’est-ce qui t’a poussé à te sacrifier ainsi? »  Et je te répondrai : « J’ai fait tout cela pour Toi, ô mon Seigneur ! »[11]

LES MUSULMANS REPRENNENT CONFIANCE

Les musulmans connurent un regain d’énergie lorsqu’ils découvrirent que le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) était toujours vivant.  Plusieurs d’entre eux se rassemblèrent autour de lui et le conduisirent vers un passage étroit et isolé de la vallée.  Oubayy bin Khalaf, un des ennemis du Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui), s’approcha du groupe à ce moment et s’écria : « Mohammed !  Si tu t’échappes, je suis ruiné ! »  Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) dit à ses compagnons de l’ignorer, mais lorsque Oubayy, insistant, s’avança dans sa direction, il saisit la lance d’un de ses compagnons ; il se tourna vers Oubayy bin Khalaf [12]et planta la lance dans le cou de son ennemi, qui s’écroula immédiatement.

Lorsque le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) et ses compagnons atteignirent l’entrée de l’étroite vallée, ‘Ali, utilisant son bouclier comme contenant, apporta de l’eau avec laquelle Fatimah lava le sang du visage de son père.  Comme ses blessures continuaient de saigner, ‘Ali brûla un morceau d’osier et en appliqua les cendres sur elles, ce qui fit cesser le saignement.[13]

De leur côté, ‘Aisha et Oumm Soulaym transportèrent, jusqu’au champ de bataille, de l’eau potable sur leur dos, dans des sacs de cuir, pour désaltérer les blessés.[14]

Hind bin ‘Outbah et les femmes qui l’accompagnaient prirent un malin plaisir à mutiler les corps des musulmans morts au combat en leur coupant les oreilles et le nez.  Hind alla jusqu’à éventrer Hamza afin de lui retirer son foie et le mâcher, mais lorsqu’elle se rendit compte qu’elle n’arrivait pas à l’avaler, elle le jeta au loin.

Avant d’ordonner à son armée de se retirer, Abou Soufyan grimpa sur une petite colline et cria : « À la guerre, la victoire vient à tour de rôle : l’un gagne aujourd’hui et l’autre, demain.  Gloire à Houbal ! ».  Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) dit à ‘Omar de se lever et de répondre : « Allah est le plus Haut et le plus Majestueux ; Nulle autre divinité n’existe à part Lui.  Nos morts sont au Paradis et les vôtres, en Enfer ! »[15] Abou Soufyan répondit : « Nous avons notre idole ‘Ouzza, tandis que vous n’en avez aucune ! ».  Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) dit à son compagnon de répliquer : « «Nous avons Allah comme Protecteur, tandis que vous n’en avez aucun. »[16]

Avant de partir, Abou Soufyan cria: “Nous nous reverrons à Badr l’an prochain ! » Ce à quoi le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) dit à l’un de ses compagnons de répondre : « Oui, c’est un rendez-vous. »[17]

De part et d’autre, les survivants se mirent à la recherche de leurs morts afin de les enterrer convenablement.  Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) fut visiblement ému par la mort de Hamza, son oncle et frère adoptif qui avait toujours été une source de courage et de détermination pour lui.

UNE ENDURANCE  EXEMPLAIRE

Safiya bint ‘Abdoul Mouttalib était la soeur de sang de Hamza.  Lorsqu’elle s’approcha pour voir le corps de son frère, le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) demanda à son fils (à Safiya), Zoubair bin al-Awwan, de l’éloigner afin qu’elle ne voie pas le corps mutilé de son frère.  Zoubair dit à sa mère : « Mère, le Prophète veut que tu t’éloignes d’ici. »  Elle répondit : « Pourquoi ?  Je sais que le corps de mon frère a été mutilé ; mais il est mort dans le sentier d’Allah. Et incha’Allah, je serai patiente dans cette épreuve. »  Elle alla donc voir le corps de son frère et pria pour lui.  Puis le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) ordonna qu’on l’enterre à Ouhoud, où sa tombe existe toujours aujourd’hui.[18]

L’ENTERREMENT DE MOUS’AB BIN OUMAYR

Le porteur d’étendard choisi par le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui), le jour d’Ouhoud, était Mous’ab bin Oumayr.  Élevé dans le luxe, il avait été, avant sa conversion à l’islam, l’un des jeunes hommes les plus élégants de Qouraish.  Seul un morceau de drap grossier avait pu être trouvé pour l’enterrer après sa mort sur le champ de bataille.  Le drap était si court que lorsqu’on tentait d’en couvrir sa tête, ses pieds se découvraient, et lorsqu’on tentait d’en couvrir ses pieds, c’était sa tête qui se découvrait.  Alors le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) dit : « Couvrez sa tête et disposez quelques branches sur ses pieds. »[19]

Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) ordonna que les martyrs soient enterrés deux par deux ; ils furent enveloppés par paires dans des linceuls et celui des deux qui connaissait par cœur le plus grand nombre de versets coraniques occupait la position la plus profonde, dans la tombe.[20]  Tandis que les martyrs étaient enterrés, il dit: “Je serai témoin en leur faveur au Jour de la Résurrection.”  Il ordonna également qu’on les enterre dans l’état où ils étaient au moment de leur mort.[21]

AFFECTION ENVERS LE PROPHÈTE

Sur le chemin du retour, certains musulmans croisèrent une femme dont le mari, le frère et le père étaient morts au combat.  Lorsqu’elle fut informée de leur mort, elle dit : « Donnez-moi d’abord des nouvelles du Prophète. »  Ils répondirent : « Dieu merci, il est sain et sauf. »  Mais elle ne fut pas satisfaite de leur réponse et demanda à le voir elle-même. Alors ils la conduisirent au Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui).  En le voyant, elle dit : « Maintenant que tu es sauf, toute adversité a disparu. »1

DÉVOTION ET FIDÉLITÉ

L’armée mecquoise avait à peine quitté Ouhoud qu’on entendit ses membres se plaindre les uns des autres et se critiquer entre eux, accusant également leurs chefs de s’être retirés avant d’avoir profité pleinement de leur avantage.  De son côté, le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) décida, le jour suivant, qui était un dimanche, de partir à la poursuite de l’armée ennemie.  La plupart des musulmans étaient blessés et épuisés, mais le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) envoya quelqu’un annoncer publiquement que tous ceux qui étaient présents à la bataille d’Ouhoud devaient se préparer à partir à la rencontre de l’ennemi.  Nul n’éleva d’objections, nul ne protesta ou n’hésita; chaque musulman qui venait de participer, la veille, à la bataille d’Ouhoud suivit le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) en dépit de sa fatigue et de ses blessures.  Ce dernier décida qu’ils camperaient  à Hamra al-Asad, à environ 13 kilomètres de Médine ; ils y demeurèrent du lundi au mercredi.  Puis, lorsqu’il n’eut plus de crainte que l’ennemi revienne sur ses pas, le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) décida de quitter les lieux.2  La façon dont les compagnons du Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) obéirent sans broncher à ses ordres en ce moment des plus difficiles démontre leur amour profond pour lui, tel qu’Allah l’a mentionné dans les versets coraniques suivants :

« Et ceux qui, quoique atteints de blessures, répondirent à l’appel d’Allah et de Son Messager ; pour ceux-là, qui ont bien agi et qui ont rejeté le mal, il y aura une récompense énorme.  Certes, ceux auxquels on disait : « Les gens se sont rassemblés contre vous ; craignez-les ! », cela accrut leur foi et ils dirent : « Allah nous suffit ; Il est notre meilleur garant. »  Ils revinrent donc avec un bienfait et une grâce de la part d’Allah et nul mal ne les toucha.  Ils suivirent ce qui satisfait Allah, et Allah est détenteur d’une grâce immense.  Ce n’est que le diable qui fait craindre aux hommes ses partisans.  N’ayez donc pas peur d’eux.  Mais ayez peur de Moi, si vous êtes croyants. » (Coran 3:172-75)

PLUS PRÉCIEUX QUE LEUR PROPRE VIE

Au cours de la troisième année de l’hégire, les tribus de ‘Adal et Qara envoyèrent un ambassadeur chez le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) afin de lui demander de leur envoyer des érudits qui pourraient leur enseigner les rudiments de l’islam.  Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) leur envoya six de ses compagnons, dont ‘Asim bin Thabith, Khoubayb bin ‘Adiy et Zayd bin Dathinna.  Lorsque le groupe atteignit ar-Raji, un endroit situé entre ‘Ousfan et la Mecque, les membres des deux tribus, qui étaient en réalité des hypocrites, les attaquèrent.  Les musulmans dégainèrent leurs épées pour se défendre, mais leurs assaillants jurèrent par Allah qu’ils n’avaient aucune intention de les tuer.  Trois des musulmans répliquèrent qu’ils ne pouvaient accepter aucune promesse venant des païens ; alors ils se battirent contre eux et furent tués.  Les trois autres, Zayd, Khoubayb et ‘Abdallah bin Tariq se rendirent. L’un des trois réussit à s’échapper temporairement durant le trajet, mais fut tué plus tard par un des polythéistes, tandis que les deux autres furent vendus aux qouraishites.  Houjayr bin Abou Ihab acheta Khoubayb pour venger son père Ihab et Zayd fut acheté par Safawan bin Oumayya qui vengea ainsi Oumayya bin Khalaf. 

Lorsque l’on conduisit Zayd à l’extérieur pour l’exécuter, un certain nombre de qouraishites, incluant Abou Soufyan, se rassemblèrent pour assister à ce barbare spectacle.  Abou Soufyan demanda à Zayd : « Vraiment, Zayd, pour l’amour de Dieu !  Ne souhaiterais-tu pas, maintenant, que Mohammed soit à ta place et que tu te trouves, toi, confortablement parmi les tiens ? »  « Par Allah », répondit Zayd, « je ne souhaiterais pas que Mohammed soit blessé même par une épine cependant que je me trouve confortablement parmi les miens. »  Sur ce, Abou Soufyan fit la remarque : « Jamais je n’ai vu un homme aussi aimé que Mohammed ne l’est de ses compagnons. »  Zayd fut exécuté  immédiatement après ces paroles.1

Ensuite, ils amenèrent Khoubayb pour le crucifier.  Ce dernier demanda à ses bourreaux la permission de prier deux rak’ates.  Après avoir fait sa prière, Khoubayb dit à ses ennemis : « Si ce n’était que vous auriez cru que je prolongeais ma prière par crainte de la mort, je l’aurais prolongée. »  Puis il récita les vers suivants :

“Peu m’importe, si je meurs pour Allah, sur lequel de mes flancs je tombe

Mon seigneur saura bénir mes membres découpés et mes articulations brisées.” 

Puis il fut exécuté avec ces paroles aux lèvres.[22]

BI’R MA’OUNA

Un autre incident similaire eut lieu peu de temps après.  Un chef tribal, ‘Amir bin Malik, exprima le désir de voir les doctrines de l’islam enseignées à son peuple.  Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) délégua soixante-dix hommes dont certains faisaient partie de ses éminents compagnons. Mais lorsqu’ils atteignirent un endroit appelé Bi’r Ma’ouna, les membres des tribus de Banou Soulayman, Ousayya, Ri’l et Dhakwan les firent tomber dans une embuscade.  Les musulmans se défendirent avec beaucoup de courage, mais ils furent tous tués à l’exception d’un seul, Ka’b bin Zayd, qui réussit à s’enfuir et à revenir au bercail pour raconter le triste événement.  Il mourut plus tard au cours de la Bataille des Enseignants.[23]

LA DERNIÈRE DÉCLARATION D’UN MARTYR

L’un des musulmans qui fut tué aussi traîtreusement était Haram bin Milhan.  Les paroles qu’il prononça au moment de sa mort amenèrent plus tard son meurtrier, Jabbar bin Salma, à embrasser l’islam. En effet, après sa conversion, Jabbar racontait souvent que ce qui l’avait guidé à l’islam était un incident où il avait attaqué un homme avec son épée ; lorsqu’il avait vu la pointe de son épée sortir de la poitrine de sa victime, il l’avait entendue déclarer : « Par le Seigneur de la Ka’aba, j’ai réussi ! »  Jabbar racontait que sur le coup, il s’était demandé à quelle sorte de réussite sa victime avait fait allusion.  N’avait-il pas tué cet homme?  Il se renseigna auprès de gens ayant connu Haram bin Milhan et on lui apprit que l’homme avait fait allusion au martyre ; c’est alors qu’il comprit que cet homme avait bel et bien réussi.1

L’EXPULSION DE BANOU AN-NADIR

Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) alla voir les notables de Banou an-Nadir afin de leur demander de payer le prix du sang à Bani ‘Amir, puisque deux hommes de cette dernière tribu avaient été tués par inadvertance par le seul survivant (appartenant à Banu an-Nadir) de l’incident de Bi’r Man’oua.  Étant l’une des deux tribus juives les plus influentes de Médine, Banou an-Nadir avait conclu une alliance avec Bani ‘Amir ; elle était donc dans l’obligation de lui verser le prix du sang.  Ils feignirent d’accepter avec plaisir, mais n’avaient d’autre intention que de tramer un complot contre le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui).  Tandis que ce dernier, à leur demande, attendait à l’extérieur, adossé au mur de leur demeure en compagnie d’Abou Bakr, de ‘Ali et de ‘Oumar, ainsi que de quelques autres compagnons, les juifs se consultèrent: « Jamais plus une telle chance ne se représentera !  Si l’un de nous monte sur le toit et jette une énorme pierre sur lui, nous en serons définitivement débarrassés ! ».

Mais Allah informa Son Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) de ce que les juifs complotaient à l’intérieur.  Il quitta donc les lieux et retourna chez lui où il ordonna à ses compagnons de faire des préparatifs en prévision d’une guerre imminente contre Banou an-Nadir. Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) les attaqua au cours du mois de Rabi’ oul-Awwal de la quatrième année de l’hégire.  Le siège de Banou an-Nadir dura six jours, durant lesquels Allah jeta la terreur dans le cœur des juifs.  Ils demandèrent au Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) s’il était disposé à les laisser en vie advenant qu’ils quittent la ville avec leurs biens, mais sans leurs armes.  L’offre fut acceptée et les membres de Banou an-Nadir quittèrent Médine après avoir détruit leurs maisons et chargé autant de biens qu’ils le pouvaient sur leurs chameaux.1

La sourate intitulée l’Exode, dans le Coran, parle de l’expulsion de Banou an-Nadir:

« C’est Lui qui a expulsé de leurs maisons ceux parmi les gens du Livre qui ne croyaient pas, lors du premier exode.  Vous ne pensiez pas qu’ils partiraient et ils pensaient qu’en vérité, leurs forteresses les défendraient contre Allah.  Mais Allah est venu à eux par où ils ne s’attendaient point, et a lancé la terreur dans leurs cœurs, de sorte qu’il démolirent  leurs maisons de leurs propres mains, autant que des mains des croyants.  Tirez-en une leçon, ô vous qui êtes doués de clairvoyance. » (Coran, 59:2)

Plusieurs des exilés allèrent s’établir à Khaybar, qui était le centre des juifs dans le nord du Hijaz, tandis que d’autres allèrent aussi loin qu’en Syrie.  Les musulmans étaient donc arrivés à se débarrasser de ces hypocrites qui évoluaient parmi eux sans avoir à les affronter sur un champ de bataille.  Les terres, les oliveraies et les palmeraies abandonnées par les juifs furent partagées entre les premiers immigrants mecquois.

DHAT-UR-RIQ’A

Au cours de la quatrième année de l’hégire, le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) décida d’organiser une incursion à Najd.  Avec six de ses compagnons, dont Abou Moussa al-Ash’ari, il se mit en route en direction d’une oasis de cette région.  Ils parcoururent la distance principalement à pied, car ils n’avaient qu’un seul chameau. Cette incursion fut appelée Dhat-our-Riq’a, car les compagnons qui y prenaient part durent bander leurs pieds et leurs orteils blessés par la longue marche.[24]

Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) et ses compagnons s’approchèrent de l’ennemi, mais aucune bataille n’eut lieu, car chaque groupe craignait son adversaire et n’osait initier l’affrontement.  Durant cette expédition, le Prophète eut recours à la prière de la peur.[25]

QUI PEUT TE PROTÉGER CONTRE MOI, MAINTENANT?

Sur le chemin du retour, en direction de Médine, le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) s’arrêta un moment afin de se reposer à l’ombre d’un acacia, après avoir accroché son épée à l’une de ses branches.

Jabir raconte qu’il faisait une sieste avec ses amis lorsqu’il entendit le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) les appeler.  Ils virent un Bédouin assis à ses côtés et lorsqu’ils arrivèrent près de lui, il leur dit : « Je dormais lorsque cet homme s’est approché et s’est emparé de mon épée.  Je me suis réveillé et je l’ai vu brandir mon épée au-dessus de ma tête en me demandant : « Qui peut maintenant te protéger contre moi, ô Mohammed ? »  J’ai répondu aussitôt : « Allah. »  « Et vous le voyez maintenant assis près de moi. »  Il refusa, cependant, de punir le Bédouin pour son action.[26]

UNE INCURSION SANS BATAILLE

Au cours de la même année, durant le mois de Shaban, le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) partit en direction de Badr afin de respecter son rendez-vous avec Abou Soufyan.  Il resta à Badr durant huit jours, accompagné d’une imposante armée, attendant l’arrivée de l’armée mecquoise.  Abou Soufyan sortit ostensiblement de la Mecque afin de démontrer qu’il avait tenu parole, mais il ne s’aventura pas plus loin que quelques milles, dans le désert.  Il convainquit ses hommes de rebrousser chemin car, leur dit-il, ils traversaient une période de sécheresse et tout le monde s’en trouvait physiquement affecté.  Il n’y eut donc aucune bataille et les musulmans retournèrent à Médine avec un moral et un prestige plus hauts que jamais.

Une autre expédition, celle de Doumatoul Jandal, eut lieu quelques mois plus tard.  Mais encore une fois, les musulmans rentrèrent à Médine sans avoir eu à se battre.[27]


1 Ibn Hisham, vol. II, pp. 60-62

1 Ibn Hisham, vol. II, p. 63

2 Ibid, p. 63

[1] Pour avoir une idée claire de la disposition des troupes, voir The Battlefield of the Prophet Muhammad (le champ de bataille du Prophète Mohammed) par Dr. Mohammad Hamid Oullah, pp. 24-25.

[2] Ibn Hisham, vol. II, p. 66

[3] Zad Al-Ma’ad, vol. I, p. 349 et Boukhari.

[4] Ibn Hisham, vol. II, p. 66

[5] Ibid, pp. 67-68

1 Ibn Hisham, vol. II, pp. 70-72

2 Ibid, p.73

3 Ibid, p.77

1 Zad al-Ma’ad, vol. I, p. 350

[6] Ibn Hisham, vol. II, pp. 78-80

1 Ibn Hisham, vol. II, pp. 80-82, Boukhari.

2 Ibid, p.82

[7] Ibid, p. 67

[8] Zad al-Ma’ad, vol. I, p. 350

1 Ibn Hisham, vol. II, p. 83

2 Ibid, p. 81

3 Litt.: un effort ou une lutte, se battre pour Allah. Il peut s’agir d’un combat défensif ou offensif, mais toujours pour une juste cause.

[9] Zad al-Ma’ad, vol. I, p. 353

[10] Zad al-Ma’ad, vol. I, p. 353

[11] Ibid

[12] Ibn Hisham, vol. II, p. 84

[13] Ibid, p. 85, Boukhari et Mouslim, section: bataille d’Ouhoud.

[14] Ibid

[15] Ibn Hihsam, vol. II, p. 91

[16] Boukhari, section : bataille d’Ouhoud.

[17] Ibn Hihsam, vol. II, p. 94

[18] Ibn Hihsam, vol. II,  p. 97

[19] Boukhari, section: bataille d’Ouhoud.

[20] N.d T. : À l’époque, on enterrait parfois les morts de façon à ce qu’ils se trouvent sur le côté dans la tombe, et non sur le dos.  Donc celui qui connaissait le plus de Coran se retrouvait en dessous et son compagnon, au-dessus.

[21] Boukhari, bataille d’Ouhoud. Il n’existe aucune différence d’opinion concernant l’enterrement des martyrs sans les laver au préalable, de façon à ce qu’ils apparaissent devant Allah dans le même état qu’à leur mort.  Quant au service funéraire, l’Imam Malik, l’Imam Shafi’i et l’Imam Ahmad ne le considèrent pas nécessaire, tandis que l’Imam Abou Hanifa (et d’autres comme l’Imam Awza’i, Soufyan Thauri, Ishaq b. Rouhouway) affirment qu’il doit être tenu. L’Imam Ahmad relate également un hadith sur le service funéraire pour les martyrs. Boukhari  a  aussi recueilli un hadith rapporté par ‘Ouqbah bin ‘Amir selon lequel le Prophète aurait offert un service funéraire aux martyrs d’Ouhoud.

1 Ibn Hisham, vol. II, p. 99.

2 Ibid

1 Ibn Hisham vol. II, pp. 169-76, Boukhari, Kitab oul-Maghazi.

[22] Ibn Hisham vol. II, pp. 174

[23] Boukhari, Mouslim et Ibn Hihsam, vol. II, p. 186.

1 Ibn Hihsam, vol. II, p. 187

1 Ibid., pp. 190-91

[24] Boukhari, chap. Expédition de Dhat-our-Riq’a

[25] Ibn Hisham, vol. II, p. 204

[26] Boukhari, chap. Expédition de Dhat-our-Riq’a

[27] Ibn Hisham, vol. II, pp. 209-213

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