L’expédition De Tabouk

Abul hasan 'Ali Nadwi
L’EXPÉDITION DE TABOUK[1

Certaines tribus vivaient encore dans l’illusion que la montée de l’islam était un phénomène aussi éphémère qu’une marée montante dont le flux pouvait rapidement être enrayé.  Il était donc nécessaire de les avertir, et même de les menacer, avant qu’elles ne conçoivent un plan pour attaquer les musulmans.  L’expédition de Tabouk eut l’effet désiré sur ces tribus, un peu comme la conquête de la Mecque avait réussi à éradiquer toute opposition. Cette expédition contre l’empire byzantin, dont la puissance et la magnificence étaient bien connues des Arabes, signifiait, en quelque sorte, que les musulmans étaient prêts à relever le gant, même contre l’empire le plus puissant de l’époque.

Le respect qu’avaient les Arabes pour les Byzantins, qu’ils appelaient les Romains, est bien illustré par les remarques que fit Abou Soufyan après avoir vu Héraclès recevoir avec beaucoup de considération la lettre du Messager (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui), que ce dernier lui avait fait parvenir par l’intermédiaire de Dihya bin Khalifa al-Kalbi.  Il avait entendu Héraclès avouer que, lui aussi, il attendait la naissance d’un prophète.  Abou Soufyan se leva alors, comme il le racontera plus tard, se frottant les mains et se disant que l’affaire de ibn Abi Kabsha[1] (i.e. du Prophète) avait pris une telle envergure que le roi des Romains l’appréhendait.  Abou Soufyan racontera également qu’à ce moment-là, il devint absolument certain que le Messager (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) allait remporter la victoire et c’est de cette façon que naquit, dans son cœur, la conviction que l’islam était la vérité.[2]

Les Arabes, à cette époque, n’auraient pas même rêvé d’attaquer l’empire byzantin. Ils craignaient même d’être envahis par ce dernier, car ils doutaient de leur capacité à résister à une si grande puissance. Chaque fois que les musulmans de Médine se sentaient menacés ou sentaient que leur sécurité était en péril, leur premier geste était d’aller chercher secours auprès du roi gassanide, qui était gouverneur de l’est de la Syrie, sous César.  Ce que ‘Omar a raconté sur l’affaire de Aylah, qui eut lieu au début de la huitième année de l’hégire, illustre bien la situation qui prévalait alors.  Il s’était mis d’accord, avec un ami ansari, pour se relayer auprès du Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) et pour s’informer mutuellement des incidents qui auraient lieu en l’absence de chacun.  Il ajoute qu’à cette époque, ils étaient sur le qui-vive à cause d’une rumeur voulant que le roi gassanide s’apprête à envahir Médine et ils vivaient donc dans un état d’anxiété permanente. Une fois, lorsque son ami ansari vint chez lui et frappa à la porte pour entrer, ‘Omar lui demanda immédiatement si les Ghassanides avaient envahi Médine.[3]

À cette époque, l’étoile byzantine était en ascension constante.  Sous Héraclès, les armées de cet empire avaient porté un coup mortel aux forces iraniennes et avaient envahi leur capitale.  Cette grande victoire avait été célébrée par la marche majestueuse de l’Empereur, de Hims[4] à Aylah[5], au cours de la septième année de l’hégire.  Héraclès lui-même, jouant le rôle d’un pèlerin repentant, avait porté la Vraie Croix récupérée chez les Perses, tandis que, tout au long de son parcours, des tapis luxueux étaient étalés devant lui, parfumés à l’eau de rose par des gens qui venaient l’acclamer en héros, les larmes aux yeux.[6]

À peine deux années s’étaient écoulées depuis que l’empereur des Romains avait remporté cette grande victoire, lorsque le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) et son armée allèrent le confronter. Cette expédition audacieuse, entreprise par le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui), laissa une impression indélébile dans l’esprit des Arabes, tant et si bien qu’il n’est pas exagéré d’avancer que cette expédition de Tabouk servit en quelque sorte de prélude à la conquête de la Syrie durant les règnes de Abou Bakr et de ‘Omar; elle permit aux musulmans de remporter une série de victoires successives, qui les propulsèrent au rang de maîtres de la Syrie.

Quelle fut la genèse de cette expédition?  On rapporte que le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) reçut des renseignements selon lesquels les forces byzantines étaient entrain de se rassembler aux frontières septentrionales de l’Arabie dans l’intention de préparer une attaque contre les musulmans.  Ibn Sa’ad et Waqidi rapportent, de leur côté, qu’il fut informé par les Nabatéens de l’intention d’Héraclès de venir les attaquer et  de la position de son armée, qui avait déjà atteint Balqa’.[7] On lui rapporta également qu’Héraclès avait fait préparer, pour son armée, des provisions pour plus d’un an et qu’il avait mobilisé les armées pro-byzantines (Lakhm, Jodham, ‘Amla et Ghassan) sous sa bannière.

Mais même si ces renseignements étaient inexacts, il apparaît évident que le but premier de cette expédition était d’ébranler et d’effrayer les armées voisines, qui constituaient une menace potentielle au pouvoir montant de l’islam.  Le Messager (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) voulait mettre en garde les Byzantins contre le fait de considérer les musulmans comme faibles et incapables de se défendre, et contre toute action hâtive ou trop précipitée qui violerait leur territoire.  Cette expédition se voulait donc une mesure préventive, car ils savaient qu’ils n’auraient peut-être pas la force de résister à une armée comme celle-là.  Le but véritable de cette expédition est également exprimé en ces mots, dans le Coran :

« Ô vous qui croyez!  Combattez ceux des mécréants qui sont près de vous; et qu’ils trouvent de la dureté en vous.  Et sachez qu’Allah est avec les pieux. » (9 :123)

Ils réussirent donc à atteindre leur objectif, comme le confirmèrent plus tard les conséquences de l’expédition;  aucun geste de représailles ne fut posé et aucun détachement byzantin ne fut envoyé contre les musulmans. L’empereur, épuisé par ses campagnes contre les Perses, demeura un spectateur passif des raids menés contre ses tribus confédérées.  Peut-être, aussi,  considéra-t-il préférable d’attendre et de voir la suite des événements avant de se mesurer à cette nouvelle puissance montante de l’Est.

Cette nouvelle puissance arabe impressionnait et inquiétait à la fois les tribus chrétiennes pro-byzantines du nord de l’Arabie.  C’était là un grand avantage découlant de l’expédition de Tabouk, car ce sentiment poussa ces tribus à se détourner de Constantinople pour aller prêter serment d’allégeance à Médine, ce qui, par la suite, les amena à accepter les principes religieux qui devaient découler du gouvernement islamique. Cette expédition permit également de prouver à tous que la montée de l’islam était bien réelle et qu’elle n’était pas destinée à n’être qu’un feu de paille, comme le croyaient certains Arabes.  Elle permit aussi de démontrer que l’islam était fermement implanté et qu’un avenir extraordinaire lui était réservé.  La rupture des liens entre ces tribus et l’empire byzantin était nécessaire pour qu’elles puissent se concentrer sur l’islam, leur nouvelle source de puissance et de force, qui prenait forme et qui s’enracinait peu à peu dans leur propre patrie. La révélation divine fait également allusion à cet aspect de l’expédition dans le verset suivant, tiré de la sourah at-Tawbah :

« … ils ne fouleront aucune terre en provoquant la colère des infidèles et n’obtiendront aucun avantage sur un ennemi, sans qu’il ne leur soit écrit pour cela une bonne action. » (9:120)

La bataille de Mou’tah était encore fraîche à la mémoire des Byzantins, qui s’étaient montrés, à cette occasion, incapables de venir à bout de l’armée musulmane en dépit du nombre impressionnant de leurs soldats.  Les musulmans, quant à eux, avaient au moins une fois croisé l’épée avec les Byzantins et avaient, par le fait même, réussi à vaincre leur terreur passée des légions romaines. Bref, l’expédition de Tabouk marqua un tournant dans la vie du Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) et assura en quelque sorte la continuité de la mission islamique, car elle ouvrit de meilleures perspectives aux musulmans. De plus, elle allait influencer positivement le cours futur des événements, qui allaient mener aux conquêtes glorieuses de l’islam à travers les temps.

LE MOMENT DE L’EXPÉDITION

La campagne de Tabouk fut entreprise au cours du mois de Rajab de la neuvième année de l’hégire.[8]  À ce moment-là, les dattes étaient mûres dans les palmiers et l’ombre de ces derniers était rafraîchissante.  Le Messager (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) entreprit un long voyage pour mener cette expédition; il traversa des déserts et des plaines arides afin d’aller affronter un ennemi dont le nombre de soldats était immensément supérieur à celui de ses troupes. Comme, à cette époque, les musulmans traversaient une période de sécheresse, après avoir fait savoir à ses compagnons qu’il avait l’intention d’aller affronter les Byzantins, le Messager (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) prit la peine de leur dire qu’ils feraient bien de se préparer adéquatement.[9]

Les hypocrites rompirent les rangs sous divers prétextes; soit ils ne voulaient pas avoir à participer à une guerre pénible contre un ennemi beaucoup plus nombreux qu’eux, soit ils ne pouvaient tolérer d’aller combattre par une chaleur aussi torride.  Ils étaient tout près de remettre en doute la vérité de l’islam et ne montraient aucun intérêt à se battre pour sa cause.  Alors ils décidèrent de rester en arrière.  Allah les admonesta vivement dans le Coran :

« Ceux qui ont été laissés à l’arrière se sont réjouis de pouvoir rester chez eux, derrière le Messager d’Allah; ils ont répugné à lutter avec  leurs biens et leur personne dans le sentier d’Allah et ont dit : « Ne partez pas au combat pendant cette chaleur! »  Dis : « Le feu de l’Enfer est plus intense en chaleur. »  Si seulement ils comprenaient! (Coran, 9:81)

L’ENTHOUSIASME DES MUSULMANS

Le Messager (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) mit un soin particulier aux préparatifs de cette expédition.  Il pressa les compagnons les plus influents à donner généreusement pour la financer, ce qui renfloua considérablement les dons qui avaient été accumulés jusque-là. Outhman dépensa mille dinars sur l’armée, que l’on avait appelée « la Brigade de la détresse », ou « Jaish al-‘Ousr », et le Messager (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) invoqua les bénédictions d’Allah sur lui.  Un certain nombre de compagnons, qui n’avaient pas les moyens financiers pour participer à l’expédition, demandèrent au Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) de prendre des dispositions pour qu’ils puissent s’y joindre.  Mais comme les fonds manquaient, il leur dit qu’il ne pouvait malheureusement rien faire pour eux; ils retournèrent donc chez eux, découragés et inconsolables.  Certains étaient si affligés et déprimés qu’Allah fit descendre un verset les exemptant de l’obligation de participer à l’expédition.

« Pas de reproche non plus à ceux qui vinrent te trouver pour que tu leur fournisses une monture et à qui tu as dis : « Je ne trouve pas de monture pour vous. »  Ils s’en retournèrent les yeux débordant de larmes, tristes de ne pas trouver de quoi dépenser. » (Coran, 9:92)

LE DÉPART DE L’ARMÉE POUR TABOUK

Le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) partit pour Tabouk à la tête d’une armée de 30 000 hommes.  À aucune autre campagne, avant Tabouk, n’avait-on vu autant d’hommes participer.  Avant le départ, le Messager (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) ordonna aux hommes de renforcer leur camp à Thaniyatoul-Wada.  Il nomma Mohammed bin Maslama al-Ansari comme responsable de Médine et y laissa ‘Ali pour veiller sur sa famille.  Lorsque ce dernier se plaignit au Messager (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) que les hypocrites répandaient de fausses rumeurs à son sujet, celui-ci lui dit : « N’es-tu pas content, ô ‘Ali, d’être par rapport à moi ce que Haroun[10] était à Mousa[11], à la seule exception près qu’il n’y aura aucun autre prophète après moi? »[12]

Lorsque le Messager (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) arriva à al-Hijr, la patrie des Thamud, pour y établir son camp, il dit à ses compagnons qu’il s’agissait de la patrie de ceux qui furent torturés à cause de leurs péchés.  Il dit : « Si vous pénétrez dans les maisons de ceux qui se sont fait du tort à eux-mêmes, ne le faites de que manière éplorée, avec dans le cœur la crainte de rencontrer le même destin que le leur. »[13]  Il dit également à ses hommes : « Ne buvez pas de son eau et n’utilisez pas cette dernière pour vos ablutions.  Si vous en avez déjà utilisé pour faire de la pâte à pain, alors nourrissez-en les chameaux et n’en mangez point. »

Le voyage était extrêmement difficile et la rareté de l’eau vint augmenter encore la souffrance des hommes.  Lorsque les gens vinrent s’en plaindre au Messager (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui), il invoqua Allah et un nuage vint déverser sur eux des torrents de pluie; chacun put ainsi étancher sa soif et faire provision d’assez d’eau pour les jours à venir.[14]

TRAITÉ DE PAIX AVEC LE GOUVERNEUR DE AYLAH

Youhanna bin Rou’ba, le gouverneur de Aylah, invita le Messager (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) lorsque ce dernier arriva à Tabouk.  Il élabora un traité de paix et paya également ses impôts locaux.  Les gens de Jarba’ et Adhrouh firent de même et on leur garantit la paix, ainsi que la sécurité de leur territoire, de leurs navires et de leurs caravanes.  Les traités furent rédigés par le Messager (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) et remis aux parties respectives.  Youhanna fut cordialement reçu par le Messager (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) et fut traité de façon très respectueuse.[15]

DE RETOUR À MÉDINE

Il n’y eut point d’agitation à Byzance.  Lorsque le Messager (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) constata que les troupes ennemies n’avançaient pas vers eux et qu’elles semblaient même avoir déserté les frontières, il ordonna à ses troupes d’entamer le chemin du retour.  L’objectif premier de l’expédition ayant été atteint, il ne jugea pas nécessaire de continuer à avancer sur le territoire ennemi et poursuivre les hostilités.  On rapporte que seul un chef chrétien, Oukaydir bin ‘Abdoul Malik, qui était gouverneur de Doumatoul Janda[16] et qui jouissait de la protection de Byzance, nourrissait des desseins hostiles. Le Messager (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) envoya Khalid à la tête de cinq cents troupes pour le capturer et le lui ramener.  Il fut cependant clément envers lui; il l’épargna à la condition qu’il rende les armes et qu’il accepte de payer l’impôt local.[17]

Après quelques nuits passées à Tabouk, le Messager (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) décida de rentrer à Médine.[18]

LES FUNÉRAILLES D’UN MUSULMAN PAUVRE

Abdoullah Dhoul-Bijadayn était un homme d’une pauvreté extrême, très enthousiaste à l’idée de se convertir à l’islam. Les membres de sa tribu, qui l’en avaient d’abord empêché, finirent  par le laisser aller. Comme il était très pauvre, il quitta sa tribu ne portant pour tout vêtement qu’un morceau de drap grossier qu’il répara tant bien que mal avant d’aller rendre visite au Messager (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui).  Mais le temps qu’il arrivât chez ce dernier, son vêtement s’était à nouveau déchiré, en deux morceaux distincts.  Il se servit du premier comme d’un pagne et utilisa le deuxième pour se couvrir les épaules.  À partir du jour où il apparut devant le Messager (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) dans cet état, on le surnomma Dhoul-Bijadayn. 

Lorsqu’il mourut, à Tabouk, le Messager (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) assista à ses funérailles en compagnie d’Abou Bakr et de ‘Omar.  À la lueur d’une torche, on lui creusa une tombe et le Messager (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) y descendit lui-même, afin de l’accompagner jusqu’à son dernier repos. Tandis qu’Abou Bakr et ‘Omar descendaient le corps d’Abdoullah Dhoul-Bijadayn, le Messager (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) leur dit : « Descendez votre frère plus près de moi. »  Puis, après qu’il eût étendu son corps comme il se devait, il dit : « Ô Allah, je suis satisfait de lui; puisses-Tu être satisfait de lui également! »  Abdoullah ibn Masoud avait pour habitude de dire, par la suite : « Si seulement j’avais été cet homme dans cette tombe! »[19]

L’ÉPREUVE DE KA’B IBN MALIK

Lors de l’expédition de Tabouk, certains musulmans avaient décidé de rester à Médine, non pas parce qu’ils doutaient de l’islam ou par désaffection, mais sans raison apparente.  Il s’agissait de Ka’b ibn Malik, Mourara ibn al-Rab’i et Hilal ibn Oumayya.  Ils avaient tous embrassé l’islam lors des débuts de la mission du Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) et avaient traversé de nombreuses épreuves dans le sentier d’Allah.  Mourara ibn al-Rab’i et Hilal ibn Oumayya avaient également prit part à la bataille de Badr.  En fait, aucun d’entre eux n’avait jamais montré de réticence à suivre le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) dans ses campagnes précédentes. Peut-être était-ce une certaine indolence qui les avait retenus, ou encore une certaine irrésolution; ce sont là des défauts que l’on retrouve couramment chez les gens et qui irritent au plus haut point ceux dont la foi en Allah et dont l’amour pour le Messager sont sans pareils.  C’est ce que Ka’b ibn Malik a tenté d’illustrer par ces propos :

« Chaque jour, je sortais avec l’intention de m’occuper des préparatifs de l’expédition à laquelle je voulais participer, mais chaque soir, je rentrais chez moi sans avoir rien fait.  Je me disais que, de toute façon, j’avais encore du temps pour faire ces choses.  Je continuai cependant à remettre au lendemain mes préparatifs et ce, jusqu’au jour du départ.  Le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) partit avec les musulmans tandis que de mon côté, je n’avais toujours fait aucun des préparatifs nécessaires.  Je pensai alors que je pouvais toujours les rejoindre un ou deux jours plus tard.  Je sortis, après leur départ, pour rassembler le nécessaire, mais je revins encore une fois chez moi sans avoir rien fait.  Des jours entiers s’écoulèrent ainsi, pendant lesquels je devins de plus en plus indolent.  L’armée musulmane, elle, était déjà loin.  Même à ce moment, je pensais encore à quitter Médine pour tenter de les rejoindre, mais finalement, je n’en fis rien. »[20]

Ces trois compagnons furent convoqués afin de prouver la sincérité de leur foi en Allah et de leur amour pour le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui).  Ce fut sans aucun doute une épreuve des plus accablantes, car elle testa leur loyauté à l’islam, de même que leur persévérance et leur ténacité en période difficile.

Il ne fait également aucun doute que ces trois compagnons dirent la vérité sur les raisons les ayant retenus, tandis que les hypocrites s’étaient trouvé toutes sortes d’excuses pour justifier leur absence. C’est ce dont il est question dans le hadith rapporté par Ka’b ibn Malik :

« Ceux qui étaient restés en arrière (ils étaient environ quatre-vingt) vinrent et commencèrent à débiter toutes sortes d’excuses en prêtant serment, et le Messager (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) accepta leurs excuses, leur fit prêter serment et invoqua pour eux le pardon divin en laissant entre eux et Allah ce qu’ils avaient gardé secret dans leur cœur.  Puis je vins à lui, je le saluai et il me sourit comme le fait une personne fâchée.  Il me dit : « Approche ».  J’allai m’asseoir près de lui.  Il me demanda: « Qu’est-ce qui t’a retenu?  N’avais-tu pas acheté une monture? »  Je répondis: « Si.  Ô Messager d’Allah, si j’étais en ce moment assis devant n’importe qui d’autre en ce monde, j’aurais sûrement tenté de trouver une excuse valable pour m’épargner sa colère, car je sais me défendre et me justifier.  Mais je sais que si, racontant un mensonge, ma réponse peut te satisfaire, Allah fera en sorte que, tôt ou tard, tu sois fâché contre moi.  Et si je te rends mécontent maintenant en te disant la vérité, je garde espoir qu’Allah finira par me pardonner.  Je suis honnête envers Allah; je n’ai aucune excuse et je n’avais jamais été en si bonne forme et aussi riche qu’au moment où je suis resté derrière. »

Puis, l’heure de l’épreuve arriva.  Le Messager (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) interdit à tous les musulmans d’adresser la parole à ces trois compagnons qui avaient avoué n’avoir aucune excuse.  Ces musulmans étaient si obéissants envers le Messager (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) que même les membres de leurs propres familles cessèrent de leur parler.  Ils se sentirent tous trois abandonnés et durent affronter de longs jours de solitude.  Ils avaient l’impression de vivre en terre étrangère alors qu’ils étaient dans leur propre patrie.  Cinquante longues journées passèrent ainsi.  Mourara ibn al-Rab’i et Hilal ibn Oumayya s’enfermèrent chez eux, se lamentant et pleurant du matin au soir.  Ka’b ibn Malik, de son côté, étant jeune et robuste, sortait tous les jours pour aller prier, puis errait dans le marché où personne ne lui adressait la parole.

Mais une telle indifférence de la part des gens ne créa aucune distance entre eux et le Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui), et ce dernier les regardait toujours avec autant d’affection dans le regard.  La narration de Ka’b ibn Malik se poursuit ainsi :

« J’allais voir le Messager et je le saluais lorsqu’il s’asseyait avec les autres, après la prière, et je ne pouvais m’empêcher de me demander si ses lèvres avaient remué pour me rendre mon salut ou non.  Puis, je priais près de lui et je le regardais du coin de l’œil.  Je suis certain que son regard se posait sur moi lorsque j’étais entrain de prier, mais qu’il le détournait dès que je tentais de le regarder. »

Le monde entier semblait s’être fermé à eux.  Ka’b ibn Malik parle du comportement de celui qu’il considérait comme un inséparable ami :

« Lorsque la froideur et l’indifférence des gens devint insoutenable, j’escaladai le mur du verger d’Abou Qatada et j’allai le voir.  C’était mon cousin et il était très cher à mon cœur.  Je le saluai mais, par Allah, il ne me rendit même pas mon salut.  Je lui dis : « Ô Abou Qatada, je t’en supplie, par Allah…  ne sais-tu pas que j’aime Allah et Son Messager? ».  Comme il demeurait silencieux, je répétai ma question.  Il ne dit rien d’abord, puis après quelques minutes, il dit : « Allah et Son Messager savent mieux! ».  À ce moment, mes yeux s’emplirent de larmes et j’escaladai à nouveau le mur pour quitter les lieux. »[21]

Cette interdiction de leur adresser la parole s’étendait jusqu’à leurs épouses, à qui il fut ordonné de rester à l’écart de leur mari, ordre auquel elles obéirent sans mot dire.

La foi et la loyauté de Ka’b ibn Malik furent testées de façon encore plus sévère lorsque le roi de Ghassan tenta de l’appâter avec de belles promesses.  Il était roi d’un royaume qui avait longtemps joui d’une grande influence sur les Arabes.  En fait, les nobles et les chefs de clan arabes rivalisaient entre eux pour faire partie de son entourage ou même pour être simplement invité à sa cour.  Un messager nabatéen du roi contacta Ka’b ibn Malik à un moment où l’attitude distante du Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) et la froideur des gens à son endroit étaient entrain de le rendre complètement fou.  La lettre du roi, que lui remis le messager, contenait entre autres ces mots : « Nous avons appris que votre maître vous traite mal.  Dieu ne vous a pas destiné à être humilié et abandonné; alors venez donc chez nous et nous vous traiterons avec bonté. »

Ka’b vit la lettre comme un défi à son intégrité; alors il la mit dans un four et la brûla.

Enfin, leur épreuve prit fin.  Allah fit descendre Sa révélation, des versets dans lesquels Il prend leur exemple et en fait une leçon générale pour toute l’humanité jusqu’à la fin des temps.  Ils avaient démontré, par leur action, qu’ils ne pouvaient se sauver d’Allah et qu’ils ne pouvaient trouver consolation et refuge qu’en Lui.  La spacieuse terre créée par Allah leur était devenue étroite; même au fond de leur propre âme, ils se sentaient comprimés, mais jamais ce sentiment ne les fit dévier du droit chemin. Alors Allah leur pardonna. Dans ces versets, le Tout Miséricordieux ne fait mention du repentir de ces trois personnes qu’après avoir parlé de la contrition du Messager, des autres Mouhajirines et des Ansars ayant participé à l’expédition. 

« Allah a accueilli le repentir du Prophète, celui des Émigrés et des Ansars qui l’ont suivi à un moment difficile, après que les cœurs d’un groupe d’entre eux étaient sur le point de dévier.  Puis Il accueillit leur repentir, car Il est Compatissant et Miséricordieux à leur égard. » (Coran, 9:117)

« Et Il a accueilli le repentir des trois qui étaient restés à l’arrière, si bien que, toute vaste qu’elle fût, la terre leur paraissait exige; ils se sentaient à l’étroit dans leur propre personne et ils pensaient qu’il n’y avait d’autre refuge d’Allah qu’auprès de Lui.  Puis Il agréa leur repentir pour qu’ils reviennent à Lui, car Allah est l’Accueillant au repentir, le Miséricordieux. »  (Coran, 9:118)

REGARD SUR LES DIFFÉRENTES CAMPAGNES ET EXPÉDITIONS

L’expédition de Tabouk, qui eut lieu au cours du mois de Rajab de la neuvième année de l’hégire, fut la dernière entreprise du vivant du Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui).  Le nombre total des campagnes et expéditions[22] qu’il dirigea et au cours desquelles il eut à se battre contre l’ennemi est de vingt-sept et on rapporte qu’il organisa près de soixante incursions mais que dans la majorité d’entre elles, les hommes envoyés n’eurent pas à se battre. 

Jamais, dans l’histoire des conflits entre peuples, un conquérant n’a fait répandre si peu de sang tout en connaissant un succès aussi impressionnant.  Dans tous ces affrontements, seules 1018 personnes[23], musulmanes et non-musulmanes, perdirent la vie.  Telle est la paix et l’ordre publics engendrés par les campagnes du Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui); grâce à un tel climat social, une femme accomplissant le pèlerinage pouvait se rendre de Hira à la Mecque et revenir après avoir complété ses rituels sans aucune crainte dans son cœur en dehors de celle d’Allah.[24]  Une autre narration rapporte que les femmes de Qadessia partaient seules, sur leur dromadaire, pour aller accomplir le pèlerinage à la Mecque sans aucune anxiété ni appréhension.[25]  Et pourtant, l’Arabie avait toujours été un pays où, de temps immémorial, les conflits et les batailles entre tribus nomades, ainsi que les raids sur les propriétés d’autrui faisaient partie de la vie désertique de tous les jours.  Même les caravanes des royaumes voisins n’osaient jamais traverser l’Arabie, à l’époque pré-islamique, sans être escortées de guides armés jusqu’aux dents.

Les missions du Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) furent justifiées par deux vérités universelles énoncées dans le Coran.  La première affirme : « la persécution est plus grave que le meurtre »[26] et l’autre : « c’est dans la loi du talion que vous aurez la préservation de la vie, ô vous doués d’intelligence ».[27] Grâce à ces deux principes, qui refusent l’oppression et visent à défendre l’honneur et la justice, la paix et l’ordre tant attendus furent rapidement établis et ce, par les efforts de milliers de musulmans guidés par leur bienveillant Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui). Ce dernier avait toujours le souci de limiter le plus possible les pertes chez l’ennemi et ne permettait pas que la vengeance soit l’élément de motivation de ses troupes. Chaque fois qu’il envoyait des détachements effectuer un raid ou qu’il déclenchait une guerre contre un ennemi, il émettait des ordres très stricts à ses hommes; il leur disait de craindre Allah et d’être respectueux envers leurs amis comme envers leurs ennemis.  Une fois, il dit à ses troupes :

« Je vous demande de craindre Allah et d’être prévenants envers les musulmans qui vous accompagnent. Combattez au nom d’Allah et tuez en Son nom ceux qui ont refusé de croire en Lui.  Ne manquez jamais à vos promesses et ne volez jamais le butin.  Ne tuez ni enfants ni femmes, pas plus que des hommes infirmes ou âgés, ou encore des prêtres qui vivent en reclus.  Ne touchez jamais aux dattiers, ne coupez jamais un arbre et ne détruisez aucun bâtiment. »[28]

Pour juger du succès des campagnes du Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui), il n’y a qu’à considérer le million de milles carrés gagnés par l’islam sur une période de dix ans.  De plus, l’État islamique s’est développé en gagnant quotidiennement, en moyenne, 274 milles carrés et ce, au prix d’environ un martyr par mois.[29]  Ce respect pour la vie humaine est sans parallèle dans les annales de l’histoire de l’humanité.  En comparaison, les pertes humaines subies lors des deux grandes guerres mondiales furent de 640 000 personnes dans le cas de la première[30] et de 35 à 60 millions dans le cas de la deuxième (selon l’ Encyclopedia Britannica).[31]

Et pourtant, personne ne peut prétendre que ces deux guerres sanglantes ont été bénéfiques pour l’humanité ou qu’elles ont réglés des problèmes mondiaux.

Les tribunaux ecclésiastiques, connus sous le nom d’Inquisition et établis par l’Église catholique romaine au cours du Moyen-Âge pour juger et châtier les soi-disant hérétiques ont volé la vie à 12 millions de personnes.[32]                      

LE PREMIER HAJJ

Le pèlerinage fut ordonné en l’an 9 de l’hégire[33]; le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) envoya Abou Bakr prendre le commandement des pèlerins; il dirigea un groupe de cent musulmans. Cette année-là, les polythéistes accomplissaient eux aussi leur pèlerinage traditionnel, selon leurs anciennes coutumes.[34] 

Les premiers versets de la sourah at-Tawbah (9e sourah du Coran) furent révélés après le départ des pèlerins pour la Mecque.  Le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) fit venir ‘Ali et lui demanda d’aller réciter ces versets à Mina, au moment où les pèlerins se seraient rassemblés pour accomplir les sacrifices. Ces versets signifièrent la fin de l’idolâtrie en Arabie; en effet, à partir de ce moment, il ne fut plus permis à aucun idolâtre d’accomplir le pèlerinage ni de tourner autour de la Ka’bah en étant nu.  La révélation divine ordonna au Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) de remplir toutes les obligations qui découlaient de pactes conclus avec les polythéistes, jusqu’à une période définie après laquelle ces pactes deviendraient nuls et non avenus.

‘Ali enfourcha la chamelle du Messager d’Allah (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) et rejoignit Abou Bakr en chemin. Ce dernier lui demanda s’il avait des ordres ou des informations à lui communiquer.  ‘Ali lui répondit qu’il avait quelques ordres à lui transmettre.  Alors ils poursuivirent leur chemin jusqu’à la Mecque, où Abou Bakr mit en place tous les préparatifs pour le Hajj.  Puis, lorsque vint le jour du sacrifice, ‘Ali révéla aux gens les versets que le Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) lui avait demandé de leur transmettre.[35]


1 Tabouk est situé à mi-chemin entre Médine et Damas, au sud-est de Aylah, appelé dans la Bible Elath ou ‘Aqabah. Yaqout a écrit, citant Abou Zayd dans M’ojamm al-Buldan, que Tabouk est la quatrième destination sur la route de Hijr à la Syrie.  On rapporte que le prophète Shou’eyb a été envoyé à ses habitants.  Tabouk est situé à six jours de voyage de la Mer Rouge et est sis entre deux montagnes connues sous les noms de Hismy et Shibravi (Da’iratoul Ma’arif Lil-Boustani). C’est aujourd’hui une base militaire du district de Médine, à environ 700 kilomètres de cette dernière.

[1] Abou Soufyan avait utilisé ce nom par sarcasme car un homme portant ce nom et appartenant à Khouza’a avait abandonné l’idolâtrie.  Il se pourrait, aussi, qu’un des ancêtres du Prophète portait ce nom.  (Majm’a Bahar al-Anwar)

[2] Boukhari

[3] Boukhari et Mouslim

[4] Emessa ou Edessa

[5] Elath ou ‘Aqabah

[6] Mouslim, Kitab oul-Jihad.

[7] Al-Zourqani, commentaire sur Al-Mawahib, vol. III, pp. 63-64.

[8] Il est difficile de déterminer avec précision le moment de la campagne de Tabouk selon le calendrier solaire.  Certains biographes du Prophète ont calculé que le mois de Rajab de l’an 9 de l’hégire coïncidait avec le mois de novembre (Habibour Rahan Khan,  Miftah-oulout-Taqwim. ‘Allama Shibli soutient la même chose.).  Mais les preuves fournies par la Sounnah, inclues dans le Sahihain et d’autres livres de ahadith fiables démontrent que l’expédition fut entreprise durant l’été.  K’ab bin Malik a dit:  « Le Messager d’Allah l’entreprit à un moment où la chaleur était extrême.  Il fit un long voyage, traversa le désert et affronta un ennemi important. » Mousa bin Ouqba décrit le voyage entreprit « durant les nuits d’automne, alors que régnait une chaleur suffocante et que les gens cherchaient à s’en protéger en se réfugiant sous les palmiers. ». Aussi, le prétexte utilisé par les hypocrites et rapporté dans la sourah intitulée « le repentir » (« …et ils ont dit : « Ne partez pas au combat pendant cette chaleur! »  Dis : « Le feu de l’Enfer est plus intense en chaleur. »  S’ils comprenaient! ») ne laisse aucun doute sur la saison au cours de laquelle cette expédition fut entreprise.  Ces preuves sont irréfutables et ne peuvent être écartées, comme certains historiens l’on fait, pour affirmer que l’expédition eût lieu en novembre plutôt qu’en juillet-août.

[9] Sahihain,  rapporté par Ka’b b. Malik.

[10] Aaron

[11] Moïse

[12] Boukhari, Ghazwah Tabouk.

[13] Zad al-Ma’ad, vol. pp. 3-4; Ibn Hisham, vol. II, p. 522.

[14] Ibn Hisham, vol. II, p. 522

[15] Ibn Hisham, vol. II, p..255-26

[16] Doumatoul Jandal était une ville populeuse située près de Tabouk et où les Arabes avaient l’habitude de se rendre pour s’y adonner à toutes sortes de transactions commerciales.  Elle avait été abandonnée et était totalement déserte au moment où Oukaydir décida de la faire renaître en y implantant des oliveraies. C’est ainsi que la ville retrouva sa splendeur passée.  Elle était entourée d’un grand mur et possédait une impressionnante forteresse, qui servait de poste d’observation à sa frontière septentrionale.  Elle était principalement habitée par la tribu de Kalab et Oukaybir s’était auto-proclamé roi de la ville.  Il était chrétien.   

[17] Ibn Hisham, vol. II, p. 526.

[18] Ibid. p. 527

[19] Ibn Hisham, vol. II, p. 527-8

[20] Boukhari, Kitab oul-Maghazi

[21] Boukhari

[22] Estimation de  Ibn Qayyim (Zad al-Ma’ad).

[23] Qazi Mohammed Sulaiman Mansourpouri avance ces chiffres après avoir fait une étude détaillée. (Rahmatoulil ‘Alamin)

[24] Boukhari, chapitre ‘Alamat an-Nabawah

[25] Ibn Hisham, vol. II, p. 581.

[26] Coran,  2:191

[27] Coran, 2:179

[28] Waqidi, rapporté par Zayd bin Arqam au sujet de l’expédition de Mou’ta.

[29] Brig. Goulzar Ahmad, The Battles of the Prophet of Allah, Karachi (1975), p. 28.

[30] Encyclopedia Britannica, (1974) vol. 19, p. 966.

[31] Encyclopedia Britannica, (1974) vol. 19, p. 1013.

[32] John Davenport, Apology for Muhammad and the Qur’an.

[33] Certains érudits musulmans sont d’avis que l’ordre d’accomplir le pèlerinage fut donné en l’an 6 de l’hégire.  Mohammed al-Khoudari soutient ce point de vue dans Tarikh-al-Tashr’I-al-Islami (p. 25). 

[34] Ibn Hisham, vol. II, p. 543.

[35] Ibn Hisham, vol. II, pp. 543-46

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