2e Conférence: Lettre ouverte à tous les non-musulmans

Dr Al-Sharif Hatim b. ‘Arif al-‘Awni

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Préambule

Ceci est une lettre ouverte provenant du monde musulman et s’adressant à toute l’humanité. Nous, dont le guide est le Prophète Mohammed (paix sur lui), sommes une nation qui n’est pas limitée par des frontières et qui n’est représentée par aucun État ou pays. Nous ne nous identifions à aucune race, couleur ou langue. Nous n’invitons à aucune idéologie ni à aucun système de croyances de notre propre cru, pas plus que nous ne souhaitons imposer au monde les normes et coutumes qui proviennent de notre histoire et de notre contexte culturel unique. Nous sommes plutôt une nation qui souhaite inviter les gens à croire en Dieu et qui désire transmettre à l’humanité le message de son Créateur.

Nous ne prétendons pas avoir le droit d’inventer nous-mêmes un tel message pour ensuite le présenter à l’humanité, puisque aucun être humain n’est en mesure de produire un message qui renferme à la fois une promesse irrévocable de prospérité dans le monde d’ici-bas et de récompense éternelle dans l’au-delà. Il ne viendrait à l’esprit d’aucun être humain de dire: “Quiconque, homme ou femme, fait une bonne oeuvre tout en étant croyant, Nous lui ferons vivre une bonne vie. Et Nous les récompenserons, certes, en fonction des meilleures de leurs actions.” Faire une telle déclaration reviendrait à prétendre à la divinité, comme l’a fait Pharaon, et à se considérer comme supérieur au reste de l’humanité. Nous soutenons qu’il est du droit de toute personne de rejeter une si présomptueuse affirmation. Nul n’a besoin d’adorer un autre être humain ni de s’y soumettre.

Donc, nous ne présentons pas cette lettre à l’humanité en notre propre nom ni en celui de notre héritage ou de notre civilisation. Nous ne faisons la promotion d’aucun objectif économique ou politique. C’est en tant que nation fidèle à la religion du Créateur, en dehors duquel il n’y a pas d’autre dieu, que nous vous présentons cette lettre.

Notre religion est l’islam. C’est la religion que Dieu a choisie pour Ses créatures et par laquelle Il les fait sortir des ténèbres pour les guider vers la lumière, et par laquelle Il leur offre à la fois le succès dans cette vie et la félicité dans l’au-delà. L’islam est la seule religion qui puisse offrir une telle promesse, puisque c’est la religion avec laquelle Dieu a envoyé Son dernier Messager à l’humanité (Mohammed, paix sur lui). Comme c’est la religion envoyée par le Créateur, elle garantit le bien-être des êtres humains, car le Créateur connaît mieux que quiconque ce qui est bon pour Sa création. “Ne connaît-Il pas ce qu’Il a créé?” À Lui seul appartient le monde et tout ce qu’il contient. Lui seul est capable de récompenser les bienfaisants et de châtier les injustes.

Il nous apparaît comme un fait évident que la religion établie par le Créateur pour Ses créatures, et par laquelle Il leur montre clairement la voie du succès, est le seul véritable chemin menant au succès. L’humanité ne peut espérer y trouver d’alternative.

Nous croyons également que l’existence de Dieu va de soi. L’univers témoigne de Son existence de façon plus qu’éloquente; dans sa précision, ses détails, et sa merveilleuse diversité, nous retrouvons l’expression de Sa grandeur, ainsi que de Ses connaissances et de Sa sagesse illimitées. L’humanité s’ingénie encore à percer ses innombrables secrets. Il est inconcevable que cet univers ait été créé en vain et sans raison. “Pensiez-vous que Nous vous avions créés sans but, et que vous ne seriez pas ramenés vers Nous (pour rendre des comptes)?”

Dieu a créé cet univers pour une raison bien précise. Il doit y avoir un but précis pour la création de l’humanité aussi, puisqu’Il nous a doués d’une raison sans laquelle nous n’aurions pas pu assujettir une si grande partie du monde physique. Avons-nous, donc, le droit de déterminer notre propre raison d’être alors que nous n’avons contribué d’aucune manière à exister? De plus, comme le fait de définir notre raison d’être est une prérogative qui revient uniquement à Dieu, espérer la connaître par nos propres moyens est un exercice bien futile.

Il est donc clair que l’humanité a besoin qu’on lui révèle cette raison d’être. Parce qu’Il est sage et miséricordieux, Dieu ne nous laisse pas sans message pour nous guider. C’est la raison pour laquelle Il nous a envoyé Ses Messagers. Ces derniers nous ont transmis le message de la religion véridique et nous ont enseigné comment atteindre le succès tant dans ce monde-ci que dans l’au-delà. Ils nous ont également informés de la raison et du but de notre existence, et de la façon de réaliser ce but. Nous n’aurions jamais pu apprendre tout cela par nous-mêmes. Il s’ensuit donc que l’humanité est dans l’obligation de croire aux Messagers et de leur obéir.

La raison pour laquelle des Messagers ont été envoyés est clairement mentionnée dans le Coran: “… messagers, annonciateurs de bonne nouvelle et avertisseurs (d’un châtiment), afin qu’après la venue des messagers il n’y eût pour les gens point d’argument devant Dieu. Et Dieu est Puissant et Sage.”

Nous soutenons que Dieu a envoyé des Messagers à de nombreuses nations afin de leur communiquer Son Message, et que Noé, Moïse, Abraham et Jésus (paix sur eux) font partie des nombreux Messagers envoyés par Dieu. Quand Il a ensuite envoyé Mohammed (paix sur lui), la mission de ce dernier n’avait donc rien de nouveau.

Le Coran mentionne ce fait de façon explicite: “Nous t’avons fait une révélation comme Nous fîmes à Noé et aux prophètes après lui. Et Nous avons fait révélation à Abraham, à Ismaël, à Isaac, à Jacob, aux Tribus, à Jésus, à Job, à Jonas, à Aaron, et à Salomon, et Nous avons donné le Zabour (les Psaumes) à David. Et il y a des messagers dont Nous t’avons raconté l’histoire précédemment, et des messagers dont Nous ne t’avons point raconté l’histoire – et Allah a parlé à Moïse de vive voix – en tant que messagers, annonciateurs (de bonne nouvelle) et avertisseurs (d’un châtiment), afin qu’après la venue des messagers il n’y eût pour les gens point d’argument devant Dieu. Et Dieu est Puissant et Sage.”

Quiconque accepte, en principe, que Dieu a envoyé des Messagers à l’humanité ne peut rejeter Mohammed (paix sur lui) sur la seule base qu’il affirme être un Messager.

Une personne qui croit en Dieu ne peut nier que Dieu a envoyé des Messagers puisque logiquement, Dieu doit nécessairement nous faire connaître la raison d’être de notre existence.

Certains pourraient, cependant, tenter de rejeter le Message du prophète Mohammed (paix sur lui) en alléguant qu’il n’existe pas suffisamment de preuves démontrant qu’il est un Messager. Nous maintenons que les preuves sont plus que suffisantes et que quiconque vient à les examiner sera persuadé qu’il était un Messager comme d’un fait indéniable. Notre but, en transmettant ce message, est de présenter brièvement certaines de ces preuves, tout en invitant ceux qui recherchent sincèrement la vérité à approfondir le sujet.

Mais avant, nous aimerions poser la question suivante à ceux qui, comme nous, croient aux Messagers qui sont venus avant Mohammed (paix sur lui), à savoir les juifs et les chrétiens: quelle preuve avez-vous que Moïse et Jésus (paix sur eux) étaient, à juste titre d’ailleurs, des Messagers? Nous sommes persuadés que quelles que soient les preuves que vous avancerez, nous serons capables de fournir des preuves similaires et même plus concluantes pour démontrer que Mohammed (paix sur lui) était vraiment un Messager. De plus, nous pouvons même apporter des preuves plus solides et plus circonstanciées, démontrant que Moïse et Jésus (paix sur eux) étaient des Messagers, que les juifs et les chrétiens eux-mêmes ne pourront jamais en réunir.

Bien que ce que nous mentionnerons sera bref, nous croyons que ce sera suffisant comme point de départ pour une personne sincère et objective qui se questionne et qui cherche une vérité qui ne lui a pas été imposée par sa culture, par sa race ou par son éducation. Le message que nous désirons présenter à l’humanité est que Mohammed (paix sur lui) est le Messager de Dieu et qu’il a été envoyé avec l’islam et la Parole de Dieu, incarnée dans le Coran, de la même façon que la Torah avait été envoyée avec Moïse et l’Évangile, avec Jésus (paix sur eux).

Les Messagers et le Message
Les Messagers n’ont été envoyés que pour transmettre à l’humanité la religion que Dieu a choisie pour elle. Nous avons été créés pour adorer Dieu. Cependant, Dieu ne retire aucun bienfait de notre adoration; c’est plutôt nous qui en récoltons les bienfaits. Il nous est ordonné d’adorer Dieu pour que nous puissions récolter les bienfaits qui découlent de cette adoration.

Bien que ce soit Dieu Lui-même qui ait envoyé ces Messagers à l’humanité, il y a des gens qui se détournent du message qu’ils ont apporté. Non seulement rejettent-ils le Message, mais ils essaient aussi de le supprimer et ils combattent ceux qui souhaitent s’y conformer. Par le passé, certaines de ces personnes sont allées jusqu’à tuer les Messagers de Dieu. Pouvons-nous raisonnablement supposer que Dieu ne s’occupera pas de ces personnes et qu’Il ne leur demandera pas de rendre compte de leurs actes?

Le Coran traite d’ailleurs de cette question: “Ceux qui commettent des mauvaises actions comptent-ils que Nous allons les traiter comme ceux qui croient et accomplissent les bonnes oeuvres dans leur vie et dans leur mort? Comme ils jugent mal! Et Dieu a créé les cieux et la terre en toute vérité et afin que chaque âme soit rétribuée selon ce qu’elle a acquis. Ils ne seront cependant pas lésés.” (45:21-2)

Nous devons tous reconnaître que Dieu, dans Sa sagesse, a fait de cette vie une étape transitoire. Il a décrété qu’il y aurait, pour nous, une autre vie après celle-ci. C’est dans cette vie-là que nous devrons rendre des comptes; c’est aussi là que le vertueux qui suit la religion de Dieu recevra sa récompense, et que l’injuste, qui se rebelle contre cette religion, sera châtié.

Nous déclarons que Dieu a choisi Mohammed (paix sur lui) pour être Son dernier Messager, le dernier d’une longue lignée de Messagers, et qu’Il a décidé que l’islam serait la religion agréée jusqu’à la fin des temps.

À ce sujet, le Coran dit: “Mohammed n’a jamais été le père de l’un de vos hommes, mais le messager de Dieu et le dernier des prophètes. Et Dieu est Omniscient.”

Mohammed (paix sur lui) a décrit sa relation aux messagers précédents de la façon suivante:

Ma relation aux Prophètes qui m’ont précédé est comparable à une maison qu’un homme a bâtie parfaitement, à l’exception d’une brique, qui manque. Les gens commencent à visiter la maison et en sont impressionnés, mais ils disent: “Elle serait parfaite si ce n’était de cette brique manquante.” Je suis cette brique. Je suis venu en tant que dernier Prophète.

Il a également dit: “J’ai été envoyé à toute l’humanité, et je suis le dernier des Prophètes.”

En tant que musulmans, nous croyons donc que le Message qui a été envoyé par l’intermédiaire de tous les Messagers à travers l’histoire est la vérité provenant de Dieu. Nous affirmons qu’ils ont tous enseigné les mêmes principes de base. Ils ont tous appelé les gens au monothéisme. Ils ont tous enseigné que le Créateur est Omnipotent et qu’Il détient le contrôle absolu sur toute Sa création. Ils ont tous enseigné que rien n’arrive au sein de la création sans qu’Il ne le sache et sans qu’Il ne l’ait voulu. Ils ont tous invité les gens à adopter une conduite morale convenable et interdit la débauche et l’indécence. Ces enseignements constituent le fondement du Message divin révélé à travers les âges.

Une succession de Prophètes a été envoyée aux hommes de jadis. Car dès qu’un Prophète venait à mourir, les gens se détournaient rapidement de ses enseignements et de leur foi. Ils allaient souvent jusqu’à altérer leurs écritures et parfois, ils y introduisaient certaines choses qui étaient diamétralement opposées aux principes de la religion, comme l’idée voulant que Dieu ait des associés dans Sa divinité, ou même des enfants. Chaque fois que de telles choses arrivaient, Dieu envoyait un autre Messager afin de ramener les gens sur le droit chemin. C’est ce que fit Moïse après que les gens se furent éloignés des enseignements de Jacob et de Joseph (paix sur eux). C’est aussi la raison pour laquelle Jésus (paix sur lui) fut envoyé. Et c’est, finalement, pour la même raison que fut envoyé Mohammed (paix sur lui) à l’humanité.

Nous soutenons, cependant, que croire aux Prophètes précédents ne sert à rien si nous rejetons le dernier Prophète envoyé à l’humanité. Par exemple, ceux parmi les Enfants d’Israël qui rejetaient Moïse (paix sur lui) étaient des mécréants, indépendamment de la foi qu’ils pouvaient avoir envers les enseignements de Jacob ou de Joseph (paix sur eux). De même, ceux qui rejettent Mohammed (paix sur lui) après que son Message leur soit parvenu sont des mécréants, qu’ils soient juifs, chrétiens ou qu’ils suivent une autre religion.

Il s’ensuit que le Coran a préséance sur toutes les écritures précédentes et qu’il les abroge, même si certaines des écritures précédentes nous parvenaient, aujourd’hui, dans leur forme originale, sans altération aucune.

Nous croyons donc qu’il est de notre devoir, en tant que défenseurs du dernier Prophète, de transmettre la religion de Dieu à l’humanité.

Nous considérons que chaque être humain est en droit d’avoir connaissance de ce Message. Nous croyons que tout le monde doit avoir la chance de comprendre ce Message correctement, de l’étudier et d’en examiner chaque aspect. La décision que nous prenons concernant notre relation avec Dieu est la plus grande décision que nous ayons à prendre dans notre vie, car notre succès dans ce monde et dans l’au-delà en dépend.

C’est pour cette raison que nous affirmons que personne n’a le droit d’empêcher les autres d’entendre ce Message ou d’y accorder une attention particulière. Il est nécessaire de communiquer ce Message afin que les gens puissent prendre une décision éclairée à son égard, libres de toute contrainte.

Nous demandons à chacun d’entre vous de réfléchir longuement à tout ce qui est dit dans cette lettre et d’étudier de façon approfondie son contenu, de sorte que vous puissiez prendre une décision éclairée à ce sujet. Nous désirons accomplir notre devoir de transmettre le Message clairement, de façon fidèle et en toute franchise.

Nous maintenons que le Message de l’islam est la vérité dans son sens le plus absolu et qu’il provient de Dieu. Cependant, nous croyons également que c’est le droit de chaque personne d’être tout à fait libre de la décision qu’elle choisit de prendre à cet égard. Il nous serait possible d’embellir notre discours et de faire en sorte qu’il plaise à un vaste auditoire, de même qu’il nous serait possible de présenter l’islam comme une option parmi d’autres tout aussi attrayantes. Mais nous savons que bien qu’une telle approche serait recommandée pour traiter de certains sujets, ce serait un manquement à notre devoir envers Dieu et envers l’humanité que de l’utiliser ici. Nous transmettons ici le Message de notre Créateur et non pas nos pensées ou nos opinions personnelles.

C’est un devoir envers notre Seigneur, envers notre Messager et envers toute l’humanité que d’informer les gens au sujet du Messager qui a été envoyé avec le Message final. Quiconque croit à ce Messager croit à la religion qu’il a reçue de son Seigneur, et quiconque rejette ce Messager rejette également cette religion.

Qui est le dernier des Messagers de Dieu?
Pour dernier Messager, Dieu a choisi Mohammed, fils d’Abd Allah, lui-même fils d’Abd al-Mouttalib. Il était du clan de Banou Hachim, de la tribu de Qouraych, la famille la plus noble d’Arabie, une lignée qui remonte jusqu’aux Prophètes Ismaël et Abraham (paix sur eux). Parmi son peuple, il était connu pour son caractère irréprochable, sa vive intelligence et sa descendance honorable.

Mohammed (paix sur lui) est né à la Mecque au cours du mois lunaire de Rabi’ al-Awwal (i.e. l’année 570 de notre ère). Comme il est né orphelin, son grand-père, ‘Abd al-Mouttalib, qui était à ce moment-là le plus grand noble de la Mecque, en eut la garde.

Alors qu’il n’était âgé que de six ans, sa mère mourût. Peu de temps après, ce fut au tour de son grand-père. Abou Tâlib, son oncle, eut donc la garde de Mohammed (paix sur lui). Il aimait énormément son neveu.

Mohammed (paix sur lui) grandit sous la protection de son oncle. Enfant, il travailla comme berger. Lorsqu’il grandit, il travailla avec son oncle comme marchand. Durant toute sa jeunesse, il devint évident que Dieu prenait soin de lui de façon particulière.

Il gagna le respect de son peuple. Il était connu pour son bon caractère, son comportement noble, ses manières impeccables, son honnêteté, sa loyauté et son sens inébranlable de la justice. Il était respecté pour son bon caractère, sa magnanimité, sa perspicacité et sa vive intelligence.

Dieu le protégea des coutumes déplorables et de l’idolâtrie de son peuple qui croupissait dans l’ignorance. À l’origine, son peuple suivait la religion monothéiste d’Abraham et d’Ismaël (paix sur eux), mais ils avaient corrompu leur foi depuis longtemps, comme l’avaient d’ailleurs fait les chrétiens et les juifs.

Mohammed, le Prophète
En l’an 610, quand Mohammed atteignit l’âge de quarante ans, il commença à aimer la solitude. Il prit l’habitude de se retirer dans une grotte, à l’extérieur de la Mecque, et d’y adorer son Seigneur. Bien qu’il n’en eût pas conscience à ce moment-là, Dieu le préparait aux lourdes responsabilités qu’il aurait bientôt à assumer.

Au cours du mois de Ramadan de cette année-là, l’ange Gabriel vint le voir alors qu’il s’était retiré dans la grotte; il vint à lui avec une révélation de la part de son Seigneur (cet ange avait fait de même avec les Messagers précédents). L’ange Gabriel récita à Mohammed (paix sur lui) quelques versets du Coran. C’était la première fois qu’on entendait la parole de Dieu sur la Terre depuis de départ de Jésus (paix sur lui).

“Lis, au nom de ton Seigneur qui a créé, qui a créé l’homme d’une adhérence. Lis! Ton Seigneur est le Très Noble, qui a enseigné par la plume [le calame], a enseigné à l’homme ce qu’il ne savait pas.”

Ces versets, révélés à l’aube de cette religion, annonçaient une religion de savoir, de culture et de civilisation. Son premier ordre fut “lis” et de plus, elle prônait l’utilisation de la plume. Or, nous savons que la lecture et l’écriture sont les deux habiletés qui permettent à l’humanité d’apprendre, d’enseigner et de bâtir des civilisations.

Cette tournure des événements effraya le Prophète Mohammed (paix sur lui) au plus haut point. Il retourna chez lui où sa femme le rassura et lui assura que Dieu n’abandonnerait jamais un homme comme lui, qui respectait les liens de parenté, aidait les pauvres et les indigents, qui était généreux envers ses invités et qui aidait les gens en détresse.

Il fut ensuite consolé par Waraqah b. Nawfal, un homme de son peuple qui connaissait bien les religions précédentes et qui savait que ces religions prédisaient l’avènement de Mohammed (paix sur lui).

Mohammed (paix sur lui) continua de recevoir la révélation, qui lui venait sous forme de versets du Coran. Parmi ces versets, certains lui ordonnaient de transmettre le Message aux autres et d’endurer avec patience les injures et les mauvais traitements que lui feraient subir les gens. Au début, il prêcha son Message discrètement. Ceux qui le connaissaient le mieux furent les plus disposés à accepter l’islam parce qu’ils savaient mieux que quiconque à quel point il était honnête, loyal et intelligent, et ils savaient à quel point il menait une vie heureuse. Parmi ces premiers musulmans, il y avait sa femme Khadijah, son meilleur ami, Abou Bakr, et son cousin ‘Ali, fils d’Abou Tâlib.

Par la suite, il proclama son Message ouvertement dans les marchés et autres endroits publics. Récitant le Coran, il se mit à inviter les gens à l’islam. Il leur commandait de croire en un seul Dieu et de n’adorer rien ni personne en dehors de Lui. Il se prononça contre le fléau de l’idolâtrie et contre la fausseté de leur croyance selon laquelle Dieu a des partenaires et des enfants. Il les invita à un mode de vie sain et critiqua le comportement immoral. Il les invita également à l’honnêteté, la générosité, la justice, la compassion et au pardon. Il leur enseigna que les gens se doivent d’assumer leurs responsabilités, d’être modestes et chastes, d’honorer leurs parents, d’être charitables et d’aider les faibles et les opprimés.

Les persécutions subies par les musulmans

Le nombre des disciples du Prophète (paix sur lui) augmentait au même rythme que le nombre de ses ennemis. Au fur et à mesure que leur haine grandissait, ils s’acharnaient sans relâche à tenter de supprimer son Message. Craignant que le nombre de fidèles de cette nouvelle religion augmente, ils se mirent à mentir à l’endroit de Mohammed (paix sur lui), le traitant de magicien, de devin et de poète. Il commencèrent à persécuter ceux qui avaient accepté l’islam, en torturèrent et en tuèrent plusieurs. Les choses devinrent si graves que nombre d’entre eux furent forcés d’émigrer en Éthiopie en tant que réfugiés.

Les mécréants de la Mecque imposèrent alors un strict boycott contre les musulmans et contre tous ceux qui essaieraient de les aider ou de les protéger. Personne n’avait le droit d’acheter d’eux ni de leur vendre quoi que ce soit. Nul n’avait le droit de se marier avec aucun d’entre eux. Ils furent confinés à un quartier très restreint de la Mecque. Ce boycott dura trois ans et fut si difficile que le Prophète (paix sur lui) et ses fidèles furent souvent forcés, à cause de leur faim extrême, de manger des feuilles d’arbres et des os d’animaux.

Malgré les mauvais traitements, les calomnies, les moqueries et les tortures que les mécréants de la Mecque infligeaient aux musulmans, rien ne désolait plus le Prophète (paix sur lui) que leur obstination à ne pas croire. Dans le Coran, Dieu parle de l’état d’esprit dans lequel était le Prophète (paix sur lui) à cette époque.

“ Tu vas peut-être te consumer de chagrin parce qu’ils se détournent de toi et ne croient pas en ce discours.”

Dans le Coran, Dieu le console en lui disant que ce n’est pas parce qu’ils sont vraiment mécréants qu’ils rejettent le Message, mais que c’est plutôt leur fierté et leur arrogance qui les empêchent d’accepter l’islam. Dieu lui dit ensuite que le même scénario s’est déroulé chaque fois qu’un Messager était envoyé à un peuple.

“ Nous savons qu’en vérité ce qu’ils disent te chagrine. Or, vraiment ils ne croient pas que tu es menteur, mais ce sont les versets (le Coran) de Dieu que les injustes renient. Certes, des messagers avant toi (Mohammed) ont été traités de menteurs. Ils endurèrent alors avec constance d’être traités de menteurs et d’être persécutés, jusqu’à ce que Notre secours leur vînt. Et nul ne peut changer les paroles de Dieu, et il t’est déjà parvenu une partie de l’histoire des Envoyés.”

Son peuple fit tout ce qui était en son pouvoir pour le décourager de prêcher son Message. Ils essayèrent la persécution et la torture; ils exigèrent de lui des miracles et, lorsque certains de ces miracles furent accomplis, ils en redemandèrent.

Le Prophète (paix sur lui) n’en devint que plus patient et déterminé. Il continua à faire montre de compassion à l’égard de ses persécuteurs en espérant que la foi entre dans leur cœur. Jamais il ne souhaita que Dieu fasse descendre Son châtiment sur eux.

Sa femme Khadijah et son oncle Abou Tâlib moururent tous deux durant le boycott. Ils avaient été ses plus grands soutiens. Khadijah avait été la toute première personne à croire en lui. Elle l’avait assisté avec ses bons conseils et son soutien financier. Abou Tâlib avait utilisé le pouvoir et le prestige considérables dont il jouissait au sein de la tribu pour protéger son neveu. Leur mort chagrina le Prophète (paix sur lui) et fit augmenter en fréquence et en sévérité les persécutions de ses ennemis.

Le Prophète (paix sur lui) se mit à inviter à l’islam les autres tribus arabes qui venaient à la Mecque. Il n’essuya que des rejets à cause de la très forte opposition venant de son peuple, qui s’était assuré de colporter aux autres tribus les mensonges au sujet du Prophète (paix sur lui) avant même que celui-ci n’ait la chance de les rencontrer.

L’émigration de la Mecque à Médine
Le Prophète (paix sur lui) passa dix années ainsi, sans jamais trouver de soutien chez aucune des tribus arabes. Puis, durant la saison du pèlerinage, il fut abordé par une délégation des tribus d’al-Aws et d’al-Khazraj de la ville de Médine, qui était située à un peu plus de 400 kilomètres au Nord de la Mecque. Le Prophète (paix sur lui) leur parla de l’islam; ils l’acceptèrent et lui prêtèrent un serment d’allégeance fondé sur le Message qu’il avait reçu de leur Créateur. Après avoir complété le pèlerinage, ils retournèrent à Médine et commencèrent à inviter leur peuple à l’islam avec un succès considérable. L’année suivante, une délégation beaucoup plus importante vint rencontrer le Prophète (paix sur lui); ils embrassèrent l’islam et promirent leur soutien.

Le Prophète (paix sur lui) ordonna alors à ses fidèles de la Mecque d’émigrer à Médine afin de fuir les persécutions qui leur étaient devenues insupportables, et de pouvoir pratiquer leur religion librement. Ils y allèrent aussi pour enseigner l’islam à leurs nouveaux frères en islam et pour inviter les autres à se convertir.

C’était la troisième fois que les musulmans quittaient la Mecque. À deux reprises, auparavant, certains musulmans avaient été forcés d’émigrer en Éthiopie. Maintenant, ils émigraient tous à Médine.

Les musulmans de la Mecque quittèrent leur patrie, laissant derrière eux leurs maisons, leurs familles et leurs biens. Ils sacrifièrent leurs préoccupations quotidiennes afin d’avoir la chance de vivre en conformité avec leur religion, de plaire à leur Seigneur et d’atteindre le salut et la récompense de l’au-delà.

Ils durent quitter la Mecque furtivement, individuellement et en petits groupes, car les mécréants de la Mecque avaient toutes les intentions de les en empêcher. Les Mecquois étaient tout à fait conscients que la conséquence de cette émigration serait l’établissement, à Médine, d’un État islamique.

Après que la majorité des musulmans eurent émigré à Médine, le Prophète (paix sur lui) reçu, de Dieu, la permission de faire de même. Il avait passé treize ans à la Mecque à inviter les gens à l’islam.

Les Mecquois étaient très inquiets par rapport à sa tentative d’émigration et ils firent tout ce qui était en leur pouvoir pour l’en empêcher. Ils allèrent même jusqu’à tenter de l’assassiner. Dieu, cependant, le protégea et lui facilita sa fuite en compagnie de son meilleur ami, Abou Bakr.

Ils atteignirent un endroit appelé Qouba’, situé dans la banlieue de Médine, le lundi matin, le 12 du mois lunaire de Rabi’ al-Awwal, correspondant au 20 septembre de l’an 622. C’est là que les musulmans les reçurent, tant les émigrants que ceux des tribus d’al-Aws et d’al-Khazraj. Ils avaient entendu parler de leur départ de la Mecque et ils attendaient anxieusement leur arrivée. Le jour de leur arrivée fut un jour historique pour les musulmans. L’année de cette émigration marque le début du calendrier musulman.

La première chose qu’il fit en arrivant à Médine fut d’ériger une mosquée et de bâtir sa maison juste à côté. Il donna pour instructions à ses compagnons de ne faire ni la mosquée ni la maison luxueuses, mais de les construire comme la masure de terre dans laquelle vivait Moïse (paix sur lui). Le Prophète (paix sur lui) travailla à ces constructions avec ses compagnons, transportant les briques de terre et les installant.

C’est ainsi que fut établi l’État islamique à Médine. Le premier appel à la prière s’éleva d’une mosquée de cette ville, marquant la fondation d’une nation fière de plaire à son Seigneur. Cet appel était lié à la prière, qui est l’un des cinq piliers de l’islam. Le premier pilier de l’Islam est l’attestation qu’il n’y a pas d’autre dieu que Dieu et que Mohammed est Son Messager. Le second est la prière. Les autres sont l’aumône, le jeûne durant le mois lunaire de Ramadan, et le pèlerinage à la maison de Dieu, à la Mecque.

Peu de temps après son arrivée, la plupart des habitants de Médine qui n’avaient pas encore embrassé l’islam décidèrent de le faire. Il y eut cependant deux groupes qui ne l’embrassèrent pas: le premier était constitué des hypocrites qui avaient accepté l’islam en apparence, alors qu’au fond d’eux-mêmes ils nourrissaient leur haine pour cette religion. Ils cachaient leur mécréance à cause que l’islam était majoritaire, mais ils ne rataient pas une occasion de travailler clandestinement à le détruire. Bien qu’ils ne fussent qu’un petit nombre, ils représentaient tout de même une menace pour les musulmans. Ils étaient pareils à une maladie latente et étaient toujours prêts à agir de connivence avec les ennemis des musulmans, leur servant d’espions et d’agents de renseignements.

L’autre groupe de mécréants était constitué des tribus juives qui habitaient à Médine. Ils reconnaissaient le Prophète (paix sur lui) pour ce qu’il était et ils ne doutaient nullement qu’il fût le dernier des Messagers de Dieu, puisque cela leur avait été prédit dans leurs écritures. Cependant, ils étaient déconcertés par le fait que ce Messager provenait de la lignée d’Ismaël plutôt que de la leur. Ils se considéraient comme le peuple élu de Dieu et croyaient que tous les autres peuples devaient se comporter avec servilité envers eux. C’est ce qui les rendit inattentifs aux descriptions du Prophète (paix sur lui) qui se trouvaient dans leurs propres écritures. De même, ils ne tinrent aucunement compte du fait qu’ils étaient obligés d’accepter le Prophète choisi par Dieu, indépendamment de son groupe ethnique ou de la lignée de laquelle il provenait. Ils ne comprirent pas non plus qu’il n’y avait pas de lien entre l’origine ethnique de ce Messager et son Message universel qui s’adressait à toute l’humanité sans distinction de couleur, de nationalité ou de langue. À cause de leur sectarisme, de leur jalousie et de leur rancune, les juifs devinrent parmi les ennemis les plus acharnés de l’islam, sauf un petit nombre d’entre eux dont les yeux et le cœur s’ouvrirent à la vérité et qui embrassèrent l’islam, recherchant la félicité dans cette vie d’ici-bas et dans celle de l’au-delà.

Donc, les difficultés rencontrées dans le cadre de la transmission du Message de l’islam ne diminuèrent pas après l’émigration des musulmans à Médine. Les Mecquois, bien qu’éloignés, continuaient de faire obstacle à l’Islam par tous les moyens possibles. De plus, ils étaient maintenant aidés des hypocrites et des juifs de Médine. Le Prophète (paix sur lui), de son côté, continuait de s’inquiéter du salut de ces personnes et souhaitait toujours les guider vers le droit chemin. Il ne ménagea aucun effort pour les guider, et il le fit en démontrant la plus grande compassion et une grande sagesse. Il leur présenta les mêmes arguments que Dieu leur avait révélés et il fut soutenu par des miracles que Dieu accomplit à travers lui.

Après toutes les agressions subies par les musulmans, ces derniers commencèrent à espérer qu’on leur donne le droit de se défendre. Après leur arrivée à Médine, ils étaient devenus plus unis et plus forts que jamais. Durant leurs treize années de persécutions à la Mecque, ils n’avaient pas eu le droit de se défendre contre l’ennemi, même lorsqu’ils se faisaient tuer. Ils comprenaient maintenant que le conflit devenait inévitable car ils savaient que, historiquement, les gens suivant la mauvaise voie ne cessent jamais de persécuter ceux qui sont sur la bonne voie, et que ces derniers n’ont jamais d’autre recours que de se défendre. Ils savaient également qu’il était de leur devoir de prêcher la vérité à ceux qui en étaient ignorants mais qui l’accepteraient sans hésiter une fois qu’elle leur serait expliquée. Pour ce qui est de la vérité en elle-même, ils avaient l’assurance qu’elle émanait de Dieu Lui-même, car Il dit :

« Ils veulent éteindre de leurs bouches la lumière de Dieu, alors que Dieu parachèvera Sa lumière en dépit de l’aversion des mécréants. C’est Lui qui a envoyé son Messager pour indiquer la bonne voie avec la religion de Vérité, et pour la placer au-dessus de toute autre religion, en dépit de l’aversion des associateurs. »

La permission donnée aux musulmans de se défendre
Après l’émigration de la Mecque à Médine, Dieu donna la permission aux musulmans de se battre. Cette permission fut révélée de façon très éloquente dans plusieurs versets du Coran qui démontrent pourquoi il était juste qu’il soit permis de se battre. Il est dit clairement que la raison de cette permission se trouve dans les agressions qu’ils avaient eu à endurer et qu’ils enduraient encore, alors que rien ne justifiait de tels traitements. Tout ce qu’ils avaient fait était de dire « Notre Seigneur est Dieu », sans jamais frapper qui que ce soit en dépit du fait qu’ils avaient raison. Après avoir justifié leur droit de se battre, le Coran explique que la lutte entre le vrai et le faux est une chose naturelle dans le monde et que ce n’est pas une chose nouvelle. Le combat avait déjà été ordonné à Moïse, Josué, David, Salomon et plusieurs autres Prophètes (paix sur eux tous). C’est là une croyance partagée par les juifs, les chrétiens et les musulmans, car il en est fait mention dans la Torah et dans l’Évangile, qui sont toujours lues, de nos jours, par les juifs et les chrétiens. Enfin, point important, le Coran révèle l’objectif du combat, qui est de faire en sorte qu’il soit permis à la religion de Dieu de prospérer sur Terre. Aucun objectif d’ordre politique ou économique n’est toléré. Le Coran mentionne, enfin, que tous les Prophètes ont eu à subir des rejets et une résistance semblables, et qu’ils ont tous fini par vaincre leurs ennemis.

« Autorisation est donnée à ceux qui sont attaqués de se défendre – parce que vraiment, ils sont lésés; et Dieu est certes capable de les secourir, ceux qui ont été expulsés de leurs demeures contre toute justice, simplement parce qu’ils disaient : « Dieu est notre Seigneur ». Si Dieu ne repoussait pas les gens les uns par les autres, les ermitages seraient démolis, ainsi que les églises, les synagogues et les mosquées où le nom de Dieu est beaucoup invoqué. Dieu soutient, certes, ceux qui soutiennent Sa religion – Dieu est assurément Fort et Puissant – ceux qui, si Nous leur donnons la puissance sur Terre, accomplissent la prière, acquittent l’aumône, ordonnent le convenable et interdisent le blâmable. Cependant, l’issue finale de toute chose appartient à Dieu. Et s’ils te traitent de menteur, sache que le peuple de Noé, les ‘Aad, les Tamoud avant eux ont aussi crié au mensonge à l’égard de leurs messagers, de même que le peuple d’Abraham, le peuple de Lot, et les gens de Madyan. Et Moïse fut traité de menteur. Puis, J’ai donné un répit aux mécréants; ensuite, Je les ai saisis. Et quelle fut Ma réprobation! »

Ce sont là les cas dans lesquels le jihad est permis. Les versets cités ci-dessus sont les versets accordant cette permission aux croyants. De ces versets nous pouvons conclure que le jihad existe pour que les gens puissent se défendre contre le mensonge et les fausses croyances et pour qu’ils soient libres de propager la vérité.

Le jihad n’est permis que dans deux cas :

1. Défendre les droits inaliénables des êtres humains. Cela inclut la vie, la religion, l’honneur, les richesses, et la patrie. Personne ne peut protester contre la légitimité de ces droits, sauf ceux qui ne veulent qu’asservir les autres et les priver de leur liberté.

2. Propager le Message de vérité et le faire entendre à ceux qui en sont empêchés. Il est du devoir de la nation fondée sur la vérité de s’assurer que les autres aient le droit de connaître le Message. Une nation fondée sur de fausses croyances déploie beaucoup d’efforts pour tenter de supprimer ce qu’elle sait être la vérité de la part de son Seigneur. Car c’est par arrogance qu’elle nie cette vérité, et elle refuse de laisser la nation fondée sur la vérité prospérer et propager le Message de son Seigneur, surtout si elle a la possibilité de l’en empêcher. Cela parce qu’elle est consciente d’être sur le mauvais chemin et qu’elle sait que ses mensonges ne survivront pas après avoir été exposés à la lumière de la vérité. C’est pourquoi elle s’assure de faire en sorte que les gens n’entendent pas le Message de vérité, de crainte que plusieurs l’acceptent. Dans de telles circonstances, il est du devoir d’une nation fondée sur la vérité d’affronter ceux qui tentent de supprimer cette vérité, et elle doit s’assurer que les gens auront le droit d’acquérir librement des connaissances sur la religion de Dieu.

Les conquêtes de l’Islam n’ont jamais eu lieu dans le but de contraindre les gens à changer leur religion. En tant que musulmans, nous sommes contre de telles pratiques. Nous croyons qu’il est inacceptable de contraindre les gens à accepter l’islam, tout comme il est inacceptable, de la part d’autres nations, de tenter de le réprimer.

L’islam nous interdit de forcer les gens à abandonner leurs croyances. Non pas parce que nous considérons ces autres croyances comme valables; nous croyons plutôt que toutes les religions en dehors de l’islam sont inacceptables. Cependant, nul ne peut être forcé de changer ce qu’il croit tout au fond de son cœur. La tromperie et la contrainte ne sont pas des moyens par lesquels on peut amener une personne à avoir la foi. La véritable foi ne peut entrer dans le cœur d’une personne que si cette dernière est tout à fait convaincue; une personne doit donc être libre de choisir ses croyances. L’occasion doit lui être fournie de méditer sur les preuves en faveur de la vérité et de prendre une décision éclairée à ce sujet.

Les musulmans n’ont mené des campagnes que contre les nations qui empêchaient leur peuple de prendre connaissance de l’islam et de l’embrasser. L’objectif du jihad, dans ces cas, était simplement de permettre aux gens d’avoir accès au Message et de leur donner l’occasion de prendre leur propre décision dans un contexte de liberté religieuse où personne n’exercerait de pression sur eux. C’est là la signification du verset : « Et combattez-les jusqu’à ce qu’il ne subsiste plus de persécution et que la religion soit entièrement à Dieu. Puis, s’ils cessent, ils seront pardonnés car Dieu observe bien ce qu’ils font. »

Le principe fondamental qui régit ce sujet est énoncé dans les versets coraniques suivants :

« Nulle contrainte en religion! Car le bon chemin s’est distingué de l’égarement. Donc, quiconque rejette le mal et croit en Dieu saisit l’anse la plus solide, qui ne peut se briser. Et Dieu est Audient et Omniscient. Dieu est le défenseur de ceux qui ont la foi; Il les fait sortir des ténèbres à la lumière. Quant à ceux qui ne croient pas, ils ont pour défenseurs les diables, qui les font sortir de la lumière aux ténèbres. Voilà les gens du Feu, où ils demeureront éternellement. »

Ces versets précisent qu’une personne ne peut accepter une religion sous la contrainte. Toutefois, ils précisent également que la raison en est que la vérité est évidente. Donc un choix conscient et libre ne peut être fait que s’il y a plusieurs alternatives. Pour que les gens acceptent la vérité, le Message de vérité doit être facilement accessible. Lorsque la vérité n’est pas claire, alors il n’y a pas vraiment de choix à faire. Dans un contexte où des gens sont empêchés d’avoir accès à la vérité, ils sont obligés d’adopter certaines croyances, même s’ils n’en sont probablement pas conscients.

Les campagnes du Prophète
Le premier conflit armé entre les croyants et les mécréants eut lieu environ un an et demi après l’émigration des musulmans de la Mecque à Médine. La bataille eut lieu à environ 155 kilomètres au sud de Médine, à un endroit appelé Badr.

Pour comprendre les raisons de cette bataille, nous devons savoir que lorsque les musulmans avaient quitté la Mecque pour Médine, les Mecquois avaient illégalement confisqué tous leurs biens, en gardant une partie pour eux et en vendant une bonne partie en Syrie lors de leur voyage annuel. Nous devons aussi garder à l’esprit qu’il restait un certain nombre de musulmans à la Mecque, qui n’avaient pu émigrer, et qui continuaient de subir de mauvais traitements.

Médine, où les musulmans étaient devenus une force unie, était située tout près de la route commerciale entre la Mecque et la Syrie. Le Prophète (paix sur lui) crut opportun de leur causer un tort économique en prenant pour cible cette importante route commerciale, tout en récupérant certains biens des musulmans qui leur avaient été volés. S’ils pouvaient donner une leçon aux Mecquois et leur montrer leur vulnérabilité économique, cela pourrait peut-être amener ces derniers à diminuer leurs injustices envers les musulmans.

Quand le Prophète (paix sur lui) apprit que la caravane commerciale mecquoise, de retour de Syrie, approchait de Médine, il ordonna à ses compagnons d’aller à sa rencontre. Mais les Mecquois, ayant eu vent de l’approche des musulmans, arrivèrent à détourner leur caravane à temps. Lorsque la nouvelle de cet incident parvint à la Mecque, elle ne fut pas très bien reçue. Ils perçurent la tentative des musulmans de récupérer leurs biens comme une véritable insulte. Les Mecquois ne permirent pas à la caravane de revenir et mobilisèrent une armée pour affronter les musulmans.

Le Prophète (paix sur lui) apprit leur progression et resta à Badr. L’armée mecquoise était considérable et elle avançait en grande pompe. Bien que les Mecquois fussent bien plus nombreux que les musulmans, ils subirent une cuisante défaite. Ce fut la première victoire militaire de l’islam.

Un an plus tard, les Mecquois mobilisaient une armée pour attaquer Médine directement, cherchant à se venger de leur défaite à Badr. L’armée mecquoise à la rencontre de laquelle allèrent les musulmans sur la montagne de Ouhoud était trois fois plus nombreuse que celle des musulmans. Au commencement, les musulmans arrivèrent assez facilement à faire reculer les Mecquois; mais ces derniers arrivèrent finalement à faire subir d’importantes pertes aux musulmans avant de retourner à la Mecque.

Ce fut une leçon pour les musulmans : que des gens qui sont sur la bonne voie peuvent aussi subir une défaite matérielle. Les chrétiens se rappellent sûrement les persécutions qu’ils eurent à endurer aux mains des païens romains au cours des premières années de la chrétienté. Les chrétiens étaient calomniés et accusés des choses les plus atroces, et les Romains utilisaient leurs richesses considérables et les rouages de l’État pour justifier leur cruauté; pourtant cela ne fit pas de la religion païenne des Romains la vérité, ni de la religion des chrétiens un mensonge. Rappelons-nous également ce que les juifs souffrirent aux mains de Pharaon.

La faiblesse dont firent montre les musulmans à Ouhoud enhardit leurs ennemis à travers toute l’Arabie. Plusieurs musulmans qui étaient allés propager la foi parmi les différentes tribus furent tués.

Pendant ce temps, la tribu juive de Banou al-Nadir, à Médine, rompit son traité avec les musulmans et se retourna contre eux. Les musulmans arrivèrent à contenir cette menace qui survenait au sein de Médine et assiégea Banou al-Nadir jusqu’à ce qu’ils acceptent de quitter Médine. Une tentative similaire de traîtrise de la part de la tribu juive de Banou Qaynouqa’, après le retour des musulmans de Badr, s’était également soldée par l’expulsion de la tribu hors de Médine.

Au cours de la cinquième année suivant l’émigration, la tribu arabe de Banou al-Moustalaq décida d’affronter les musulmans. Cette tribu habitait à environ 100 kilomètres au Nord de la Mecque et elle était alliée des Mecquois; elle avait d’ailleurs participé à la bataille de Ouhoud. Elle jouissait d’un certain prestige parmi les païens arabes, car elle était gardienne d’une des grandes idoles des Arabes, Manâh. Le Prophète (paix sur lui) décida de faire une attaque préventive contre eux, dont les musulmans sortirent victorieux. Cette bataille fit à nouveau des musulmans une force avec laquelle il fallait compter en Arabie.

Les Mecquois réagirent à cette défaite en invitant toutes les tribus d’Arabie à se joindre à eux pour une attaque décisive contre les musulmans à Médine, qui les débarrasserait des musulmans une fois pour toutes. Ils parvinrent ainsi à mobiliser une gigantesque armée qui était dix fois plus grande que celle qui était allée à Badr. Cette armée n’était unie que par l’engagement des tribus à défendre l’idolâtrie.

Les musulmans avaient appris, de la bataille d’Ouhoud, que le zèle qui les avait poussés à aller au-devant de l’ennemi ne leur profiterait aucunement cette fois-ci; c’est pourquoi ils décidèrent de rester à Médine et de tirer avantage de la chaîne de montagnes l’entourant. Médine n’était exposée que d’un seul côté et les musulmans décidèrent de creuser une tranchée de ce côté de la ville, entre les montagnes, afin de la fortifier complètement. Tout le monde, y compris le Prophète (paix sur lui), participa à la tâche et la tranchée fut terminée dans un laps de temps étonnamment court.

La bataille qui s’ensuivit est connue dans l’histoire sous le nom de Bataille des Tranchées, et également sous le nom de Bataille des Confédérés. La tranchée prit l’armée des confédérés par surprise. Chaque fois que l’un d’eux tentait d’ouvrir une brèche dans la tranchée, il était repoussé par une volée de flèches provenant des archers musulmans. Néanmoins, les Arabes continuèrent d’assiéger Médine durant 24 jours. Durant ce temps, les musulmans souffrirent de la faim et, plus grave encore, de l’insurrection de la dernière tribu juive à Médine, Banou Qourayzah. Banou Qourayzah décida de faire la guerre aux musulmans à partir de ses fortifications retranchées dans les chaînes de montagnes entourant Médine. Les membres de la tribu essayèrent également de faciliter l’entrée de l’armée arabe à partir de leurs emplacements.

Les musulmans restèrent déterminés et mirent tous leurs espoirs en Dieu. L’armée tribale arabe finit par se lasser du siège, surtout après avoir été forcée d’endurer une longue période de rudes intempéries. Leur alliance prit fin et, tribu après tribu, ils retournèrent chez eux. Les Mecquois furent parmi les derniers à quitter les lieux.

Contre toute attente, les musulmans furent victorieux. Les Mecquois démontrèrent qu’ils étaient incapables de vaincre les musulmans. Le seul problème avec lequel devaient maintenant composer les musulmans était Banou Qourayzah.

La tribu avait rompu son traité avec les musulmans de la façon la plus ignoble. Ils avaient clairement tenté de supprimer les musulmans et étaient passés proche de réaliser leur objectif. Il ne faisait aucun doute qu’ils représentaient maintenant la menace la plus dangereuse pour les musulmans, simplement en raison de leur proximité de Médine.

Les musulmans assiégèrent Banou Qourayzah pendant 25 jours au bout desquels ces derniers finirent par se rendre, acceptant qu’un musulman qui avait un engagement avec eux décide de leur sort. Ils présumaient que cet homme, Sa’d b. Mou’adh, aurait plus de compassion envers eux que n’importe qui d’autre. Cependant, il décréta ce qu’ils méritaient de recevoir comme punition pour leur trahison. Il jugea que chaque homme parmi eux qui était capable d’utiliser des armes devait être tué, et que les femmes et les enfants devaient être faits prisonniers. Au total, 400 hommes furent exécutés.

Nul ne s’étonnera que les juifs s’objectèrent à cette sentence. Peu de criminels sont contents du châtiment qu’ils reçoivent pour leurs crimes, même si ce châtiment est juste. La situation est davantage aggravée lorsque les deux parties sont ennemies l’une de l’autre. Ce qui est surprenant, cependant, est que des personnes objectives soulèvent des objections à l’égard de cette sentence en dépit de ce qui est écrit dans la Torah au sujet des batailles des Prophètes (paix sur eux) et du nombre de personnes qui auraient péri entre leurs mains , et en dépit, également, du nombre de pertes civiles, incluant femmes et enfants, qui ont été justifiées dans le cadre de conflits armés dans l’histoire récente.

Un an après la Bataille des Tranchées, le Prophète (paix sur lui) partit pour la Mecque avec 1400 de ses compagnons dans l’intention de faire le pèlerinage. Quand les Mecquois l’apprirent, ils perçurent cela comme une insulte et comme une tentative de les rabaisser, surtout après l’humiliante défaite qu’ils avaient dû essuyer l’année précédente. Mais en même temps, ils savaient qu’ils n’avaient aucun droit d’empêcher les gens de visiter la Maison Sacrée et que s’ils tentaient de le faire, les autres Arabes s’y objecteraient.

Lorsque les musulmans atteignirent Houdaybiyah, situé à environ 22 kilomètres de la Mecque, les Mecquois déclarèrent qu’il leur était interdit d’entrer dans la ville; ils engagèrent cependant des pourparlers avec le Prophète (paix sur lui). C’était la première fois que les Mecquois accordaient une reconnaissance formelle à la présence musulmane en Arabie. Auparavant, les Mecquois avaient refusé toute concession au Prophète (paix sur lui), mais à présent, les circonstances ne leur laissaient plus d’autre choix que d’entamer des négociations.

Le Prophète (paix sur lui) était plus que satisfait de cette concession et se contenta de la blessure d’amour-propre que causait aux Mecquois arrogants le fait d’être obligés de négocier avec lui. Il accepta donc, dans le traité qui était rédigé, des conditions qui paraissaient très sévères envers les musulmans. Mais en réalité, c’était une victoire morale pour les musulmans car elle dissipa les mensonges que les mécréants colportaient depuis si longtemps et permit aux musulmans de propager l’islam librement.

Le Prophète (paix sur lui) tira partie de cette chance qui lui était offerte pour étendre la portée du Message de l’islam. Durant cette période, il invita à l’islam même les rois des contrées étrangères.

Au cours de la huitième année suivant l’émigration à Médine, les Romains commencèrent à rassembler des forces armées dans leur État arabe satellite situé dans ce qui est maintenant la Syrie et la Jordanie, et qui était ouvertement hostile aux musulmans. Pour affronter cette nouvelle menace, le Prophète (paix sur lui) rassembla trois milles hommes sous la direction d’Ousâmah b. Zayd. Les deux armées s’affrontèrent à Mou’tah, qui est maintenant le sud de la Jordanie. Le nombre de Romains et d’Arabes s’élevait à 200 000, contre 3000 musulmans. Les musulmans combattirent héroïquement et avec acharnement. Après la mort de trois de leurs généraux, la direction de l’armée musulmane fut assumée par Khalid b. Walid, qui comprit que continuer à se battre ne se solderait que par l’extermination de l’armée musulmane. Alors il fit mine de battre en retraite, ce qui fit croire à l’ennemi qu’il essayait de les attirer dans un guet-apens, ayant des troupes de renforts dissimulées et prêtes à attaquer. Grâce à cela, l’
armée ennemie décida de ne pas les poursuivre et les musulmans purent sortir d’une telle confrontation avec un minimum de pertes.

Plus tard au cours de la même année, les Mecquois rompirent leur traité avec les musulmans en aidant certains de leurs alliés à attaquer une tribu alignée sur les musulmans. Suite à cela, les Mecquois ne tentèrent même pas de se racheter ni de renouveler le traité; ils ne le firent que bien plus tard, lorsqu’ils apprirent que les musulmans mobilisaient une armée pour les attaquer.

En effet, le Prophète (paix sur lui) était parvenu à mobiliser une armée de 10 000 hommes, ce qui était une bonne indication du nombre de personnes qui s’étaient converties à l’islam depuis le traité de Houdaybiyah. De plus, il s’était arrangé pour tenir les Mecquois dans l’ignorance de la taille de l’armée qu’il avait rassemblée.

Lorsque les Mecquois se rendirent compte que l’armée avançait sur eux, ils implorèrent les musulmans de renouveler le traité. Certains d’entre eux vinrent en éclaireurs et annoncèrent qu’ils acceptaient l’islam.

Quand le Prophète (paix sur lui) et son armée arrivèrent à la Mecque, il leur envoya un message leur disant qu’il ne combattrait personne à moins d’être attaqué. Il déclara que quiconque entrerait dans sa maison, dans la mosquée, ou dans la maison d’Abou Soufyan serait en sécurité. À l’époque, Abou Soufyan était le chef de Qouraysh.

En l’an 630, le Prophète (paix sur lui) entra à la Mecque avec son armée et ne rencontra pratiquement aucune résistance. Il n’entra pas à la Mecque en tant que conquérant, mais il y entra humblement, la tête courbée. Il déclara que les hostilités devaient cesser. Il se tint devant la Maison Sacrée, ses ennemis de plus de vingt ans l’entourant et craignant sa vengeance. Il s’adressa à eux en ces mots : « Quel sort pensez-vous que je vous réserve? »

Ils dirent, remplis de crainte et d’inquiétude extrême : « Rien de mauvais, certainement! Tu es un noble frère, et le fils d’un noble frère. »

Il répondit : « Je ne vous ferai pas de reproches aujourd’hui. Que Dieu vous pardonne tous. »

Ce furent là les batailles du Prophète (paix sur lui). Il n’a pas combattu pour se venger ni pour asservir les gens ou briser leur volonté. Il n’a pas non plus combattu pour gagner des biens de ce monde. S’il avait rendu la pareille aux Mecquois en leur faisant subir les mêmes traitements que ceux subis par lui et ses compagnons, ça n’aurait été que justice. Mais le Prophète (paix sur lui) préférait la patience et la tolérance.

Le Prophète (paix sur lui) retourna à Médine et continua à prêcher le Message de son Seigneur. Il mourut le neuf juin de l’an 632, à l’âge de 63 ans. Il avait passé 23 de ces années à inviter les gens à l’islam.

Quelques preuves que Mohammed est un Messager de Dieu

Tous les prophètes sont envoyés par Dieu avec des signes et des preuves démontrant qu’ils sont réellement des prophètes. Il y a, parmi ces signes, des miracles dont sont témoins les gens et qui défient les lois de la nature.

Habituellement, ne sont témoins de miracles que les personnes qui étaient présentes au moment où ils se sont produits. Dieu, cependant, a pourvu le prophète Mohammed (paix sur lui) d’un miracle qui allait subsister jusqu’à la fin des temps. Ce miracle est le Coran. Il est logique que le dernier des Messagers ait été envoyé avec un miracle permanent puisque la Création devra rendre des comptes à propos de ce Message jusqu’au Jour Dernier.

Le Coran est la parole révélée de Dieu, et ce dernier l’a préservé de toute corruption. Le Coran dit : « En vérité, c’est Nous qui avons fait descendre le Coran, et c’est Nous qui en sommes gardiens. » « Le faux ne l’atteint d’aucune part, ni par-devant ni par derrière : c’est une révélation émanant d’un Sage, Digne de louange. »

Dans le Coran, Dieu met au défi les Arabes de produire quelque chose de similaire (au Coran) : « Dis : « Même si les hommes et les djinns s’unissaient pour produire quelque chose de semblable à ce Coran, ils ne sauraient rien produire de semblable, même s’ils se soutenaient les uns les autres. »

Ce défi fut même ramené à un seul chapitre du Coran : « Si vous avez un doute sur ce que Nous avons révélé à Notre Serviteur, tâchez-donc de produire une sourate semblable et appelez vos témoins, que vous adorez en dehors de Dieu si vous êtes véridiques. Si vous n’y parvenez pas et, à coup sûr, vous n’y parviendrez jamais, parez-vous donc contre le feu qu’alimenteront les hommes et les pierres, lequel est réservé aux infidèles. »

C’est là le miracle éternel de l’islam. Le défi tient toujours et personne n’a su le relever jusqu’à ce jour. Le caractère inimitable et miraculeux du Coran se manifeste de plusieurs manières : son éloquence et son style en sont des exemples.

Ce défi fut lancé aux Arabes alors qu’ils maîtrisaient leur langue à la perfection et qu’ils étaient réputés pour avoir une grande éloquence. Aucun d’entre eux ne réussit, cependant, à produire un seul chapitre comparable à ceux du Coran.

Aujourd’hui, nous transmettons, encore une fois, ce défi à toute l’humanité. Il attend toujours d’être relevé après 1400 ans, et demeure une preuve attestant du caractère véridique du Coran et du Messager à qui il a été révélé. Les ennemis de l’islam ont toujours eu, dans ce défi, une occasion parfaite de prouver que l’islam était faux. Il aurait mieux valu qu’ils s’y essayent en tout cas, car cela aurait certainement été moins fatigant, pour eux, de prendre une plume et d’écrire plutôt que de prendre une épée et de mourir en essayant de supprimer l’islam. Cela leur aurait été bien moins coûteux que tout le temps et l’argent qu’ils auront dépensé à combattre l’islam.

Nous croyons qu’en transmettant ce défi, nous avons accompli notre devoir. Et il est du devoir de celui qui en prend connaissance de lire le Coran en entier et de ne pas dépendre des mécréants pour obtenir des informations sur l’islam; il doit les prendre directement à la source.

Une autre preuve que Mohammed (paix sur lui) est le Messager de Dieu est la puissance de la religion avec laquelle il a été envoyé et le fait qu’elle ait été préservée de toute corruption. Nous témoignons aujourd’hui de toutes les disciplines académiques dont elle a été le moteur à travers les âges et comment l’islam a été en mesure de répondre à tous les bouleversements qui se sont produits dans l’histoire. L’islam n’a pas perdu de sa puissance alors que le monde musulman a connu des périodes de force et de faiblesse, vivant parfois en liberté et parfois sous le joug de l’occupation.

Parmi les preuves démontrant que Mohammed (paix sur lui) est un Prophète de Dieu est le fait que son avènement avait été prédit par les prophètes l’ayant précédé. Dans leurs livres et dans leurs déclarations, ils les avaient décrits, lui et ses fidèles. Ils l’avaient même mentionné par son nom. Le Coran mentionne ce fait dans les versets suivants :

« Et quand Jésus, fils de Marie, dit : « Ô Enfants d’Israël, je suis vraiment le Messager de Dieu, envoyé à vous, confirmant ce qui, dans la Torah, est antérieur à moi, et annonciateur d’un Messager à venir après moi dont le nom sera « Ahmad ». Puis quand celui-ci vint à eux avec des preuves évidentes, ils dirent : « C’est là une magie manifeste. »

« Ceux qui suivent le Messager, le Prophète illettré qu’ils trouvent mentionné chez eux dans la Torah et l’Évangile. Il leur ordonne le convenable, leur défend le blâmable, leur rend licites les bonnes choses, leur interdit les mauvaises, et leur ôte le fardeau et les jougs qui étaient sur eux. Ceux qui croiront en lui, le soutiendront, lui porteront secours et suivront la lumière descendue avec lui (le Coran), ceux-là seront les gagnants. »

Malgré les altérations et les effacements apportés aux textes sacrés par certains rabbins juifs et prêtres chrétiens, et en dépit des interprétations erronées qu’ils imposèrent, il subsiste suffisamment d’indices dans ces textes pour faire la preuve que Mohammed (paix sur lui) est un Prophète de Dieu. Pour mettre en lumière certains des endroits, dans leurs textes, où la venue de Mohammed est prédite, nous vous demandons de bien vouloir consulter les références suivantes : Deutéronome [33 :1] et [18 :15-19], Isaïe [42 :1-5], Habaquq [3 :3], Psaumes [72 :1-19], Jean [14 :16] et [14 :26] et 1Jean [2 :1].

L’histoire de la mission de Mohammed (paix sur lui), les événements de sa vie, le triomphe de ses fidèles, et la rapidité avec laquelle l’islam s’est répandu à travers toutes les nations du monde constituent d’autres preuves qu’il était un prophète de Dieu.

Les attributs du Prophète Mohammed (paix sur lui) et son comportement démontrent qu’il était vraiment un prophète de Dieu. Chacun des traits de son caractère faisait de lui une personne exemplaire, et l’Histoire n’a jamais connu son pareil.

Il était de belle apparence et toujours bien habillé, et il préférait porter du blanc. Il était très propre et ordonnait aux autres de respecter la propreté. Un jour un homme l’approcha et lui dit qu’il aimait porter de beaux vêtements et de beaux souliers. Le Prophète (paix sur lui) répondit : « Dieu est beau et Il aime ce qui est beau. » Il avait bon goût et était un fin palais, mais il n’était jamais prétentieux ni frivole. Il dit : « Le fils d’Adam ne remplit rien de pire que son estomac. Il lui suffit de manger juste assez pour tenir debout. S’il veut manger plus, alors il devrait remplir un tiers de son estomac avec de la nourriture, un tiers avec de l’eau, et le dernier tiers devrait rester vide pour l’air. » Ses manières étaient raffinées et il parlait très bien. Il était enjoué et accueillait les gens avec un sourire. Ceux qui le rencontraient l’aimaient instantanément et ne se lassaient jamais de sa compagnie ou de sa conversation. En fait, ceux qui s’asseyaient en sa compagnie finissaient
souvent par oublier tout le reste, car ils étaient remplis du plus grand respect pour lui; non pas parce qu’il était puissant comme un roi ou un despote, mais à cause de sa force de caractère et de sa dévotion à Dieu.

Un de ses traits de caractère le plus prononcé était sa propension à la compassion. Il éprouvait beaucoup d’amour et de compassion pour les pauvres et préférait s’asseoir et partager un repas en leur compagnie. Il faisait preuve d’une grande empathie envers les malades et il prenait vraiment la peine de les aider. Il ne laissait jamais une personne malade ou un enfant dans le besoin sans satisfaire ce besoin. Il démontrait de la compassion envers les orphelins et encourageait les gens à prendre soin d’eux. Il avait beaucoup d’affection pour les enfants et il lui arrivait souvent de porter des bébés et de les faire rire. Il enseignait à ses fidèles que les enfants ont le droit de jouer et ont besoin qu’on les fasse rire.

Sa compassion s’étendait jusqu’aux animaux. Il ordonnait à ses fidèles d’être bons envers les animaux dont ils avaient la charge et il leur interdisait d’abuser d’eux. Il leur enseignait que les animaux destinés à la consommation devaient être égorgés soigneusement et avec compassion. Il réprimanda un homme parce que ce dernier surchargeait son chameau et ne le nourrissait pas suffisamment. Il nous informa également qu’une femme avait été expédiée en enfer pour avoir maltraité un chat; elle l’avait enfermé sans le nourrir, jusqu’à ce qu’il meure de faim. Par ailleurs, Dieu pardonna à une prostituée tous ses péchés et l’admit au Paradis parce qu’elle avait eu pitié d’un chien assoiffé et lui avait donné à boire. Une fois, on demanda au Prophète si les gens allaient être récompensés pour le bien qu’ils font aux animaux. Il répondit : « Pour toutes les créatures vivantes à qui l’on fait du bien, il y aura une récompense. »

Le Prophète Mohammed (paix sur lui) était également très courageux. Son courage n’était pas celui des tyrans; c’était un courage qui découlait de la foi qu’il avait en la promesse de Dieu. C’était le courage de celui dont le mode de vie est basé sur la religion de Dieu et qui considérait la satisfaction de Dieu comme plus importante que la vie elle-même. Lorsqu’il y avait une guerre, il était toujours présent sur le champ de bataille, et si les choses devenaient graves, on le voyait combattant sur les lignes de front. Il restait déterminé et courageux aux moments où d’autres hommes considérés comme braves prenaient la fuite.

Il n’hésitait jamais à confronter l’idolâtrie et le mensonge, et n’a jamais cessé d’appeler les gens à la Vérité, même lorsque la majorité des peuples de la Terre était contre lui. Il n’a jamais fait de compromis sur aucun de ses principes; il persévérait à enjoindre le bien et à interdire le blâmable.

Il était aussi très indulgent envers ceux qui lui causaient du tort. Il ne se fâchait jamais et n’éprouvait jamais de haine pour des raisons personnelles. Peu importait à quel point on lui avait causé du tort au moment où il était faible, il démontrait de la clémence envers ses oppresseurs lorsqu’il était en position de pouvoir. Il acceptait des excuses même lorsqu’il savait que la personne qui s’excusait mentait. Et il trouvait même des excuses à ceux qui lui faisaient du tort et qui n’offraient pas d’excuses eux-mêmes.

Il était le plus généreux de tous. Il donnait en charité comme une personne qui n’a aucune crainte de la pauvreté. Pas une seule fois il n’a refusé de donner à une personne qui en faisait la demande. Il donnait tout ce qu’il recevait aux gens dans le besoin. Il donnait préséance à ses invités sur lui-même et sur les membres de sa famille. Il se satisfaisait de dattes et d’eau pour lui et sa famille, et il pouvait s’écouler des mois sans qu’on allume un feu pour cuisiner dans sa maison.

Il était aussi un mari exemplaire et il était très affectueux et aimant. Il était prompt à fermer les yeux sur les erreurs; il n’a jamais levé la main une seule fois sur ses femmes ni élevé la voix sur elles, et ne les a jamais ridiculisées. Il les traitait toujours avec gentillesse et il les laissait profiter de tous les plaisirs qui n’étaient pas illicites. Il participait aux tâches ménagères et s’occupait de ses propres affaires; il raccommodait ses vêtements et ses souliers. Il exhortait constamment ses fidèles à être bons avec leurs femmes et les mettait en garde contre le fait de les maltraiter. C’est d’ailleurs ce qu’il fit lors du dernier sermon qu’il prononça au cours de son pèlerinage d’adieu.

Le Prophète Mohammed (paix sur lui) était bon envers ses serviteurs. Il ordonnait à ses fidèles de ne pas surcharger de travail leurs serviteurs et de leur faire manger la même nourriture que tous les membres de la maison, en plus de les habiller avec des vêtements de la même qualité. Anas b. Mâlik a dit : « J’ai été le serviteur du Prophète (paix sur lui), chez lui et au cours de ses voyages. Peu importe ce que je faisais, pas une seule fois il ne m’a dit : « Pourquoi as-tu fait cela? » De même, peu importe ce que j’avais négligé de faire, il ne m’a jamais dit : « Pourquoi n’as-tu pas fait cela? »

Une fois, le Prophète (paix sur lui) vit un homme battre son esclave. Le Prophète lui dit : « Dieu est bien plus capable de te punir que tu ne l’es de punir ton esclave. » En entendant cela, l’homme s’arrêta et dit : « Je le libère juste pour plaire à Dieu.» Le Prophète (paix sur lui) dit alors : « Si tu ne l’avais pas libéré, certainement le feu t’aurait touché. »

Le Prophète (paix sur lui) était extrêmement réservé et pudique. Il détestait le langage grossier et il n’a jamais prononcé une seule parole vulgaire. Il disait : « La pudeur est toujours une bonne qualité. » Il disait également : « Il ne peut découler que du bien du fait d’avoir beaucoup de pudeur. »

Une autre de ses qualités était l’humilité. Il disait à ses fidèles : « Nul n’entrera au Paradis s’il a dans le cœur ne serait-ce que le poids d’un atome d’arrogance. » Il avait pour habitude de s’asseoir par terre et de manger sur le sol, et il interdisait à ses compagnons de se lever en son honneur quand il entrait dans une pièce. Quand il marchait sur la rue, il n’attendait pas des gens qu’ils se poussent pour le laisser passer. Il s’arrangeait toujours pour que ses habits et sa monture ne soient pas tels à le faire remarquer des autres. Enfin, il ne s’essayait jamais à la place d’honneur lorsqu’il était en compagnie d’autres personnes.

Mais sa qualité qui surpassait toutes les autres était sa dévotion pour Dieu. L’adoration l’accaparait tout entier et il fuyait les plaisirs de ce monde. Les paroles d’invocation et de louanges à Dieu étaient toujours sur ses lèvres. Il demandait toujours pardon à Dieu et il éprouvait pour Lui une telle vénération qu’il fondait souvent en larmes. Il jeûnait si souvent que parfois, il semblait aux gens qu’il ne passait pas un jour sans jeûner. La nuit, il passait de longues périodes à prier, à tel point que ses chevilles enflaient. Lorsqu’on lui demanda pourquoi il consacrait autant de temps à adorer Dieu alors qu’Il lui avait déjà pardonné tous ses péchés, passés et futurs, il répondit : « Ne devrais-je pas me comporter en serviteur reconnaissant? ».

C’était là quelques-unes de ses nobles qualités. Il est impossible de lui rendre totalement justice en si peu de lignes. Cette combinaison de perfection matérielle et spirituelle est elle-même un miracle et une preuve qu’il était réellement un prophète de Dieu.

Conclusion
Ce qui précède est un très bref exposé sur le Prophète Mohammed (paix sur lui) et la vie qu’il a menée. C’est là ce que nous souhaitons présenter au monde. Certaines personnes sont peut-être surprises de n’avoir jamais su ces choses au sujet de Mohammed (paix sur lui) avant de lire cette lettre. Une des raisons qui explique cela est qu’en quelque sorte, nous manquons à notre devoir de propager le Message. Une autre raison, cependant, est qu’il y a des gens qui souhaitent cacher cette vérité aux autres et qui font tout en leur pouvoir pour les en tenir à l’écart, y compris, hélas, par des campagnes de désinformation.

Nous aimerions rappeler aux gens que, parmi les obstacles qui empêchent les gens d’accepter la vérité, il y a le fait de considérer ses propres traditions et ses coutumes comme sacrées, d’entretenir des idées sectaires à propos de sa propre race, et d’être incapable d’admettre ses propres erreurs. Nous nous devons d’être objectifs dans nos prises de décisions et de ne pas nous laisser influencer par les préjugés.

Nous devons également être conscients que nos désirs parfois illusoires et notre poursuite effrénée des plaisirs peuvent nous détourner de la vérité et nous rendre peu disposés à l’accepter. Nous devons garder à l’esprit que Dieu ne nous a pas créés en vain. Il sait ce qu’il y a de meilleur pour nous et Il nous a donné l’islam comme seul moyen d’accéder à un bonheur véritable et durable.

Quiconque se préoccupe de parvenir au succès véritable devrait approfondir ce qui est écrit ici et rendre justice à l’objectivité des arguments. Nous demeurons confiants que quiconque examine attentivement cette question et demande l’aide de Dieu pour franchir tous les obstacles, sera guidé vers la vérité et l’acceptera par la grâce de Dieu.

Quiconque accepte l’islam, homme ou femme, sans considération de son origine ethnique, de sa race ou de son pays d’origine, devrait participer à faire partager ce Message au reste de l’humanité.

« Ceci est un message pour les gens afin qu’ils soient avertis, qu’ils sachent qu’Il n’est qu’un Dieu unique, et que pour les doués d’intelligence prennent garde. »

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