Le califat d’Uthman

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Uthman fut désigné de son vivant comme troisième calife de l’Islam, par le conseil de compagnons dirigé par Umar. Ce dernier était composé d’Uthman lui-même, d’Ali Ibn Abu Talib, Abdur Rahman bin Auf, Saad bin Abi Waqaas, Zubair bin Awwam et Talha bin Obaidullah.

Les commentateurs rapportent que le futur calife était alors en ballottage avec Ali au sein de l’opinion publique, et tous deux voyait en l’autre les qualités nécessaires pour devenir le guide de la communauté des musulmans. Ce fut finalement Uthman qui reçut les faveurs du conseil, devenant ainsi le troisième calife de l’Islam.

La première allocution qu’il fit à ses compagnons après l’allégeance de ces derniers à sa personne fut :

« Oh croyants, il n’est pas facile de dompter une nouvelle monture. Si Dieu me prête vie, je m’adresserai à vous un autre jour. Mais vous savez, je ne suis pas très doué pour les discours ».

Cette phrase, à priori anodine, pourrait en fait servir de « résumé » de la carrière politique d’Uthman, qui ne savait pas encore quelles épreuves il devrait affronter.

La compilation du Saint Coran

Uthman fit partie des compagnons de Muhammad (PBSL) qui consignèrent le récit coranique par écrit au fur et à mesure de sa révélation. De ce fait, il se sentait particulièrement impliqué par la sauvegarde de ce dernier, d’où son initiative, une fois devenu calife, de réunir et fixer par écrit le Coran, ce dernier n’été jusqu'à lors que tradition orale.

On rapporte qu’un jour, le calife reçut un de ses généraux qui lui apprit que de nombreux troubles éclatés dans diverses provinces du royaume, du fait de la pratique de lectures différentes du texte coranique. Ces récitations erronées soulevaient une polémique dont la réponse califale allait s’avérer décisive par la suite.

En effet, les nouvelles provinces conquises par les musulmans étaient habitées par des peuples non arabes dont la majorité se convertirent progressivement à l’Islam. Pour pratiquer convenablement la nouvelle religion, les missionnaires arabes apprirent aux nouveaux convertis la récitation du Coran (5). Ces derniers pour une meilleure mémorisation essayèrent par la suite de le fixer par écrit, non sans erreurs.

Ainsi, la transcription du texte en arabe « déformé », s’accompagna de coquilles et d’erreurs de récitations, ces dernières étant absentes du texte Arabe originale.

Le Coran étant à la base une récitation orale « Qur’an », les divergences apparues à l’époque pouvaient altérer dangereusement le sens des versets coraniques.

Craignant que ces troubles ne s’étendent à l’ensemble de l’empire, Uthman décida qu’il était temps de réviser l’intégrité complète du texte coranique compilé par Abu Bakr, et de faire en sorte qu’il n’y est qu’une version originale de référence, établi à partir du dialecte de la tribu de Quraych.

Zayd Ibn Thabit fut aussitôt envoyer à travers le royaume, accompagné d’autres musulmans de la Mecque, afin d’aligner toutes les versions existantes sur une seule et même version, disposant d’une écriture unique.

Il ne s’agissait donc pas de « réécrire le Coran », comme certains orientalistes contemporains ont faussement affirmé, mais simplement d’uniformiser le texte sacré, pour le préserver ainsi de toute erreur humaine.

Une fois le travail accompli, toutes les variantes devenues inutiles furent détruites, et les nouvelles copies « révisées » du Coran envoyées au quatre coins de l’empire.

Quoi qu’il en soit, il est à signaler que la décision prise par Uthman, fût saluée unanimement par l’ensemble du monde musulman qui la considéra par la suite comme une prise d’initiative nécessaire et cruciale, dans la mesure où elle mit définitivement le corpus coranique à l’abri de toute altération et permit au générations à venir de disposer du texte sacré tel qu’il fût révélé au prophète de Dieu (PBSL), il y a 14 siècles.

Quelques-unes de ces copies existent encore aujourd'hui, dont une à Istanbul, et une autre à Tachkent (Ouzbékistan), qui fut la copie personnelle du calife Uthman (6).

(5) Car au contraire des chrétiens qui traduisirent la Bible en de multiples langages, les missionnaires musulmans de l’époque adoptèrent le choix de conserver le texte dans sa langue originale et optèrent ainsi pour apprendre l’arabe aux peuples qui venaient d’embrasser l’islam. Ces derniers éprouvèrent certaines difficultés et fixèrent le texte tel qu’ils l'entendirent réciter, d'où le problème survenu par la suite.

(6) Cette dernière fut entachée par le sang de Uthman le jour de son assassinat.

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