Uthman le martyr

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Au cours de son règne, qui dura une douzaine d’années, Uthman ne fut pas un conquérant aussi imposant que le fut Umar. Parmi les nouvelles conquêtes qu’il faut tout de même lui attribuer, il y a l’île de Chypre, prise en 649. La Tunisie fut également conquise par lui, car la main mise sur l’Afrique du Nord devenait une préoccupation grandissante afin de garantir la sécurité des territoires précédemment conquis comme l’Egypte.

L’empereur Byzantin, pressentant la menace que représentait l’Islam s’il se répandait plus en cela vers l’Ouest, décida d’opposer à Uthman une armée de plus de 120 000 soldats non loin de la cité de Yaquba. L’armée du calife était alors bien inférieure numériquement.

Pourtant, les musulmans remportèrent une victoire éclatante à la suite de l’assassinat du général byzantin, par Abdullah bin Zubair. Le Maroc pouvait dès lors être aisément annexé à son tour, et le rester jusqu’à nos jours.

Uthman s’attela également à la consolidation de l’empire laissé par son prédécesseur. En témoigne la reprise de l’Azerbaïdjan et de l’Arménie, en l’an 26 de l’Hégire, conquises, puis perdues par le calife Umar suite à la destitution de son gouverneur de la ville de Kufa, impliqué alors dans une affaire de corruption.

De même, la défense d’Alexandrie face à la flotte byzantine, en l’an 31 de l’Hégire, restera dans les mémoires, car ce fût la première utilisation d’une flotte de guerre par un calife, une première également pour un peuple à l’origine habitué à se battre sur terre à pied ou sur monture. Suite à cette victoire, les musulmans imposèrent leur puissance navale pendant plusieurs siècles sur la méditerranée, en devenant les maîtres incontestés de la région.

Bien qu’étant calife, Uthman continua à mener une vie simple et modeste, comme le firent le prophète (PBSL), Umar ou Abu Bakr en leur temps. Et la tradition regorge de témoignages qui vont dans ce sens. Toutefois, malgré tout les services rendus à la communauté, Uthman fut le premier calife à subir de vives critiques au sein de sa propre communauté : de nombreux agitateurs souhaitant renverser le califat, commencèrent à comploter contre lui en médisant sur sa personne.

Parmi les rumeurs qui circulaient, il y eut celle selon laquelle il aurait favorisé en biens les membres de son propre clan au détriment du reste des notables de la communauté. Il lui était également reproché la négligence des problèmes de ses sujets. Ces ragots valurent au calife une baisse considérable dans l’estime d’une partie de l’opinion publique.

Afin d’exercer des pressions sur le calife, les opposants convainquirent plusieurs milliers d’émeutiers de se rendre conjointement à Médine afin de manifester leur mécontentement au calife. Ces derniers furent accueillis par Ali, alors fidèle second d’Uthman. Ali les assura que leurs requêtes seraient entendues par le calife lui même. Les émeutiers repartirent dans un premier temps et revinrent à la charge quelques jours plus tard, avec des intentions plus claires et plus déterminés que jamais.

La tradition rapporte qu’afin de faire plier Uthman, les rebelles décidèrent d’assiéger Médine, empêchant même le ravitaillement de la ville en eau. Malgré quelques tentatives d’apaisement, la menace d’un affrontement inévitable grandi au sein de la communauté et le spectre de la discorde «Fitna» commença à faire son chemin.

Afin d’éviter une bataille qu’ils étaient persuadés de perdre, les émeutiers décidèrent alors d’agir par stratagème. Ils profitèrent de la grandeur de la maison du calife pour introduire un petit groupe chargé de l’assassiner.

Ainsi, un matin du mois de Juin de l’an 656, des individus franchirent le mur d’enceinte arrière de la demeure du calife, et trouvèrent ce dernier en pleine lecture du Coran.

On raconte qu’au moment où Uthman fut poignardé, une partie de son sang se répandit sur le livre sacré. Cette copie du Coran, tachée du sang du calife, est la copie la plus ancienne du Coran encore conservée de nos jours (7).

Comme le lui avait prédit le prophète lui-même quelques années auparavant, Uthman mourut en martyr, tout comme son prédécesseur Umar :

Selon Anas Ibn Malik : « Muhammad (PBSL), accompagné de ses compagnons Umar, Abu Bakr et Uthman, gravit la montagne d’Uhud, le soir de la fameuse défaite et cette dernière trembla. Le prophète (PBSL) dit alors en ces termes : « Sois ferme, Oh Uhud. Sur ton versant se trouve en ce moment même un prophète, un véridique et deux martyrs ».

(rapporté par Al-Bukhari )

A l’annonce de la mort d’Uthman en juillet de l’an 656, Ali fût désigné logiquement 4ème Calife de l’Islam. Personne ne s’opposa alors à ce choix, car il été reconnu clairement comme étant le dernier plus grand compagnon du prophète (PBSL) encore en vie.

Uthman vu par l’occident

La figure du troisième calife de l’Islam, par son caractère d’une haute sainteté, et la scène de son meurtre, à la fois abominable et symbolique, a longtemps fasciné bon nombre d’orientalistes, dont l’un d’eux lui rendit hommage dans ces termes :

« Il (Uthman) n’était certainement pas un homme de lutte, comme son histoire l’a prouvée, car il ne participa pas à une bataille, s’enfuit d’une autre, et se fit tué alors qu’il lisait avec ostentation le Coran, à la manière d’un prêtre en plein recueillement ». David Samuel Margoliouth (Mohammedanism)

Auteur: Souhayl.A & Lionel.JCet article a été déjà consulté 1152 fois

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